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"Créee en 1957, par Arthur Laurents (parole) et Leonard Bernstein (Musique) cette comédie musicale qui transpose Roméo et Juliette dans les quartiers pauvres de New York connaît un succès considérable sur les planches de Broadway puis en tournée à travers les États-Unis. En 1961, elle est adaptée au cinéma par le réalisateur Robert Wise, rafle une flopée d’oscar et reçoit un accueil enthousiaste dans le monde entier."
"Ah, voici une chanson qui peut illustrer les derniers avatars de la guerre froide. Ecrite en 1985, elle a marqué ma génération car elle fut un tube au moment où les Russes étaient encore les "méchants" de la guerre froide. La même année sortait d'ailleurs Rocky IV, où le gentil Rocky Balboa devait avoir à faire au monstrueux Ivan Drago...mais heureusement, tout finit bien, Rocky gagne son combat et prononce un beau discours de concorde et de tolérance, plein de bons sentiments sucrés....Beurk, ça colle !"

Continuons à explorer un peu l’œuvre de ce musicien poète et humoriste qui sait comme personne retranscrire les tourments de son époque. Au début des années 50, le monde en pleine guerre froide est dans l’angoisse d’une guerre atomique (on ne dit pas encore nucléaire a ce moment là). Tout le monde craint l’usage de LA bombe alors que la tension entre les deux blocs est à son maximum.
D’autant qu’au début des années 50 les Etats-Unis et l’Union Soviétiques seuls détenteurs de cette technologie ont franchi un pas supplémentaire, passant de la bombe A (atomique) ou bombe à fission, le modèle qui avait rasé Hiroshima et Nagasaki, à la bombe H, bombe à hydrogène pour les intimes, appelée aussi bombe à fusion ou thermonucléaire, 1000 fois plus puissante que sa grande sœur.
Lire la suite de l'article de Richard Tribouilloy et écouter la chanson sur L'histgeobox.
Lord of war
Personnage de guerrier invincible, Rambo incarné par Sylvester Stallone va devenir le symbole de l’Amérique triomphante des années 80. Avec la sortie de John Rambo, Sylvester Stallone ressuscite ce personnage pour le montrer vieillissant mais encore dévastateur. Si le boxeur Rocky Balboa, l’autre personnage fétiche de l’acteur incarne plutôt la classe ouvrière américaine, l’ ex commando d’élite John Rambo va lui représenter à la fois la mauvaise conscience de l’Amérique comme son anti-communisme le plus outrancier. Retour sur un personnage qui devient un enjeu historique dans les années 80…
Le film "Rambo : First Blood" fondateur de la série, s'inscrit dans la vision désenchantée de l'Amérique suite à la défaite au Vietnam.
Ancien commando d'élite, John Rambo n'a pu se réacclimater à un pays qui n’a rien eu de plus pressé que de vouloir oublier ses vétérans, symbole d’une guerre perdue dont elle ne veut plus parler. Devenu une sorte de vagabond, Rambo subit les vexations du shérif d’une petite bourgade des Rocheuses. Arrêté puis molesté par le policier et ses adjoints, Il finit par exploser, dévaste le commissariat et redevient la bête de guerre qu’il a été. Réfugié dans les montagnes, il est traqué par la garde nationale mais s’avère un gibier plus dangereux que ses chasseurs. Alors que toutes les autorités veulent s’en débarrasser seul le colonel Trautman, son ancien formateur, comprend le traumatisme de l’ancien soldat et tente de calmer le jeu.
Le film est sorti en 82 mais il a été écrit à la fin des années 70. Ronald Reagan vient tout juste d’être élu et le souvenir de la sale guerre est encore vif. Le désenchantement de la décennie précédente est encore palpable dans ce film. La fin originale qui avait même été tournée faisait tuer le personnage dans un dernier baroud inutile contre les forces de l’ordre. Le film sous ses allures de production d’action met le doigt là où ça fait mal. Le retour au pays d’une génération traumatisée par cette guerre perdue et que personne n’attend à la maison.
C’est, malgré la présence de Stallone, un film à relativement petit budget sur lequel peu de gens aurait misé. Il marquera durablement les esprits et s’inscrit parmi les meilleurs films d’action de la décennie 80.
Trois ans plus tard, Rambo revient pour un Rambo II qui part dans une direction diamétralement opposée.
Le vétéran est tiré de la prison où il croupit pour les destructions causées dans le premier opus afin de repartir secrètement au Vietnam vérifier si des prisonniers américains ne s’y trouveraient pas encore détenus. Là, pour sortir ses camarades des prisons où ils croupissent, il se rebelle contre ses commanditaires qui veulent éviter l’incident diplomatique et affronte leurs sadiques geôliers vietnamiens qui sont en plus épaulés par une escouade de spetsnaz, les soldats d’élite soviétiques.
Barbara et Ronald Reagan au coté de Stallone et de son épouse de l'époque l'actrice Birgit NielsenEn 85 l’ambiance n’est plus la même. « America is Back ». Ronald Reagan a relancé la guerre fraîche contre l’empire du mal soviétique. D’ailleurs le président Reagan aurait déclaré après avoir vu le film «Si l’Amérique a un problème, nous saurons qui envoyer… ». L’heure n’est plus à l’apitoiement mais à l’offensive contre l’hydre communiste. Rambo va, court, vole et venge l’Amérique en traversant des rideaux de balles et des bombardements au napalm, regagnant pratiquement la guerre du Vietnam à lui tout seul.
Le film devient le symbole de la puissance américaine retrouvée. Il relance la vraie question des disparus « missing in action », ces soldats abandonnés sur place aux mains de l’ennemi à la fin de la guerre du Vietnam et qui selon le scénario aurait été volontairement oubliés là bas par des politiciens soucieux de négocier la paix à tout prix. Le film n’est pas très subtil mais diablement efficace. Le personnage devient dans le monde entier le symbole de l’Amérique triomphante et volontaire. Ce n’est pas un hasard si les Guignols de l’info utiliseront la marionnette de Stallone quelques temps plus tard pour symboliser la puissance militaire américaine. Le film n’est pas le seul sur le créneau et toute une série de productions de films de guerre à succès copieront ce modèle alimentant pour les américains le fantasme d’un conflit qui aurait pu être gagné si on y avait mis les moyens…
En 1988, Rambo part cette fois-ci en Afghanistan pour affronter directement les soviétiques qui occupent le pays et délivrer le colonel Trautman retenu prisonnier après une opération ratée d’aide aux maquisards afghans
Prévu pour relancer Stallone dont la carrière commence à s’essouffler, le film joue la carte de la surenchère envoyant Rambo directement face à l’armée rouge. Très manichéen (gentils résistants afghans contre vilains russes tortionnaires), le film dédié au courageux peuple afghan devient risible tant Rambo apparaît ici comme un surhomme invulnérable abattant des hélicoptères à l’arc. Sa sortie, bien que rentable, n’eut pas le succès escompté, en effet l’air du temps a commencé à changer et le film arrive un peu trop tard. Les relations sont devenues beaucoup plus cordiales avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir en URSS et l’amélioration des relations américano-soviétique est à l’ordre du jour. Signe des temps une semaine avant la sortie américaine, Gorbatchev annonce le départ des soviétiques d’Afghanistan.
Faute d’ennemi à combattre et suite à la faillite de Carolco, la maison de production possédant les droits du personnage, Rambo s’endort jusqu’en 2008 pour ressortir aujourd’hui dans John Rambo qui nous présente un vétéran vieilli dans un monde qui ne s’est pas calmé avec la chute de l’empire soviétique. Le film, scénarisé et réalisé par Stallone lui-même nous présente donc un Rambo âgé mais toujours massif qui s’est retiré dans la jungle thaïlandaise pour y chercher la paix de l’âme. Un groupe de missionnaires naïfs et légèrement illuminés l’engage pour les mener en Birmanie, en territoire Karen, une ethnie minoritaire qui subit de la part du gouvernement militaire birman un véritable génocide. D’abord réticent à s’impliquer, il reprend les armes lorsque les missionnaires sont enlevés par des militaires birmans lors de l’attaque du village où ils se sont installés.
Soyons honnêtes, le film ne va pas très loin et l’arrière plan birman est surtout un prétexte pour r
essusciter un personnage chargé d’un imaginaire encore porteur commercialement après le succès de Rocky Balboa. Rambo ne se bat plus pour l’Amérique, ni pour lui-même mais juste parce qu’il est fait pour cela. Stallone et son visage ravagé par les opérations esthétiques ratées apporte une véritable puissance au film. Mais bon, ce qui reste surtout c’est l’incroyable déchaînement de violence du film qui me font le déconseiller aux plus jeunes et aux plus sensibles. Que ce soient les soudards birmans qui s’amusent à envoyer les civils courir dans les champs de mines ou Rambo lui-même qui arrache des carotides à mains nues, on est abasourdi par la violence des images. Les têtes explosent, les membres sont arrachés sous les impacts, de quoi faire passer le débarquement du « Soldat Ryan » pour « Bambi ». La guerre ce n’est pas beau et le film le montre complaisamment.
Rambo au final revient dans son pays où il n’est plus ni un rebelle, ni une icône patriotique. Juste quelqu’un qui veut rentrer chez lui. Le ras-le bol de la guerre en Irak est passé par là. Stallone est un républicain mais confesse avoir été très déçu par Bush et son administration. Il appelle à voter John McCain, ancien prisonnier lors de la guerre du Vietnam qui, tout en glorifiant les valeurs traditionnelles américaines et en appelant à poursuivre l'intervention en Irak a été un des premiers à dénoncer les excés de l'administration Bush dans le bourbier irakien. Stallone dans ce film semble déterminé mais aussi plus désabusé : la force a parlé en Irak ou ailleurs. Ce n'était pas une belle chose mais aux yeux de nombreux américains, c'était nécessaire face au terrorisme. Encore une fois Rambo illustre l’état d’esprit de l’Amérique profonde. Il a fallu faire la guerre et cela a été fait. Il est temps de rentrer à la maison maintenant, sans triomphalisme, mais sans honte…

En salle en ce moment
« On change le monde et puis on fout le camp et on fout en l'air la fin de partie. »
Charlie Wilson (Tom Hanks) est à la fin des années 70 un député texan roublard et bon vivant. « Good Time Charlie » est un fêtard, amateur de whisky et de stripteaseuses qui sait aussi parfaitement jouer de son bagout et de ses amitiés politiques pour obtenir ce qu’il veut à la chambre des Représentants. Lorsque l’Union Soviétique envahit l’Afghanistan en 1979, il s’insurge contre la passivité du gouvernement américain et prend fait et cause pour les moudjahiddins (combattants) afghans. Aidé par sa maîtresse, une richissime femme du monde (Julia Roberts) anticommuniste et chrétienne évangélique ainsi que par un agent de CIA efficace mais indiscipliné et fort en gueule (Philip Seymour Hoffman), il met en place un gigantesque réseau d’acheminement d’armes passant par le Pakistan, l’Egypte et même Israël. En effet si on ne veut pas que la guerre froide devienne soudainement beaucoup plus chaude, il ne faut surtout pas que les Etats-Unis apparaissent ouvertement aider les afghans. Le simple député va devenir l’artisan de la première défaite militaire de l’Union Soviétique, une défaite qui va précipiter la chute du bloc communiste…
Ce film qui vient de sortir cette semaine s’inspire d’une histoire vraie et raconte comment les Etats-Unis ont utilisé la guerre d’Afghanistan pour accélérer l’effondrement de la puissante Union Soviétique mais aussi comment, en armant des fanatiques religieux et en laissant tomber ces derniers une fois le boulot fait, ils ont précipité la création de leur nouvel ennemi islamiste. C’est une comédie légère, le personnage flamboyant interprété par Tom Hanks usant de nombreuses ficelles pour secouer l’administration américaine ou pour arriver à faire s’entendre des ennemis mortels comme Israël et l’Egypte. C’est aussi un panorama intéressant de la guerre froide dans les années 80 qui illustre la complexité de cet affrontement indirect.
Soyons honnête, c’est un film agréable, mais pas un chef d’œuvre. Il joue notamment sur une forme assez classique, un peu bavarde, mais très agréable à l’œil, profitant de très bons comédiens qui portent le film. Historiquement, bien qu’intéressant, il est aussi parfois un peu simpliste, le personnage de Charlie Wilson ayant été beaucoup plus complexe dans la réalité. Il a ainsi soutenu de sanglantes dictatures pro-américaine en Amérique centrale au nom de l’anti-communisme.
Une critique très négative, mais aussi très partisane du Monde Diplomatique. Une autre plus nuancée du Monde.
Sur la guerre soviétique en Afghanistan, voyez également sur l'histgeobox cet article sur la célèbre chanson du groupe rock soviétique DDT "Ne tire pas !". L'occasion pour nous de vous raconter ces dix années de guerre.