Des livres, des films, des émissions, des musiques, de l'art pour apprendre et comprendre le monde

Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !
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mercredi 8 octobre 2008

Les Gouttes de Dieu : Des effets d'un manga sur la consommation de vin...

Depuis 2005, les Japonais et les Coréens n'ignorent plus rien de l'univers du vin français grâce à un manga : Les Gouttes de Dieu. Quinze tomes sont déjà publiés en Asie, chacun a été vendu à plus d'1,5 millions d'exemplaires !

jeudi 11 septembre 2008

Claude Nougaro:"Il y avait une ville" (sur L'Histgeobox).


Hiroshima, trois jour après la bombe.


L'utilisation de l'arme atomique en 1945 provoque un traumatisme moral reste immense. La foi en la science et en le progrès est mise à mal par l'utilisation de cette bombe. De nombreux artistes se sont intéressés à ces bombardements, à l'instar de Claude Nougaro qui décrit, dans sa chanson "Il y avait une ville", une ville dévastée par une explosion nucléaire. Il fait bien sûr référence ici à Hiroshima et Nagasaki.


Lire la suite de l'article et écouter le morceau sur L'Histgeobox.

vendredi 4 juillet 2008

Le Japon : Des Samouraïs aux mangas

Le magazine L'histoire publie en juillet un numéro spécial sur l'histoire du Japon. Si vous suivez assidument ce blog et ceux de ses contributeurs, vous savez que c'est un pays qui nous intéresse, notamment pour ses mangas. Dans ce numéro, vous trouverez un excellent article de Jean-Marie Bouissou : "Le manga, enfant de la bombe ?" sur l'histoire des mangas, depuis leurs origines lointaines jusqu'à leur essor considérable après 1945.
Les mangas sont en effet un support très pertinent pour comprendre l'évolution politique et sociale du Japon depuis 1945. Grâce à vos conseils de lecture (merci Nicolas !), je découvre petit à petit cet univers fascinant et divers. Nous vous avons déjà parlé ici de l'Histoire des 3 Adolf de Tezuka, de Gen d'Hiroshima, de Zipang, des très sombres et passionnants Vents de la colère qui rendent compte de l'atmosphère de la fin des années 1960. Retrouvez le dossier sur les BD asiatiques (coréennes, chinoises,...).
Dans le numéro spécial de L'histoire (sommaire complet ici), vous trouverez également deux articles sur le Japon en guerre écrits par Jean-Louis Margolin qui avait eu la gentillesse de nous accorder un entretien lors de la sortie de son dernier livre. Vous pouvez écouter et télécharger cet entretien ici.

Enfin, retrouvez le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale au XXème siècle (liens, chronologie interactive,...)


dimanche 9 mars 2008

L'année 68 au Japon : Les vents de la colère

Japon, fin des années 1960, deux fils d'un ancien officier de l'armée japonaise connaissent des destins différents. L'ainé, Mitsutaka, suit la ligne tracée par son père et devient un brillant militaire. Le cadet, Gen, goûte peu l'atmosphère martiale qui règne à la maison et décide de quitter la famille. Il est alors confronté, dans son désir d'indépendance et sa soif d'idéal, aux problèmes de son époque.



dimanche 2 mars 2008

Nambul, une histoire fictive de la guerre entre la Corée et le Japon

Une guerre entre la Corée et le Japon. C'est le scénario imaginé par Ya Sul Lok et mis en dessin par Lee Yun Se.
Le pétrole se raréfie (jusqu'ici rien de fictif...), attisant les tensions entre les pays asiatiques. En Indonésie, l'archipel des Moluques (Makalu), riche en pétrole, est le lieu d'un affrontement entre le gouvernement et un mouvement indépendantiste soutenu par le Japon. Celui-ci espère en effet obtenir de ce mouvement la concession de l'exploitation du pétrole confiée à des firmes coréennes. Voilà le prétexte. Les employés coréens sont pris en otage, la situation dégénère et aboutit à un conflit impliquant la plupart des nations asiatiques et l'ASEAN contre le Japon.

samedi 1 mars 2008

Esclaves sexuelles de l'armée japonaise par Jung Kyung-a

Ce pourrait être de l'histoire ancienne, mais cette histoire est encore "brûlante". Les questions liées à la Seconde Guerre mondiale en Asie sont encore des sujets de discorde. Ainsi en est-il de la reconnaissance par le Japon de sa responsabilité dans ce que l'armée japonaise nommait des "femmes de réconfort".
Mais ce terme même pose problème. Il s'agit en fait d'esclaves sexuelles de l'armée japonaise. On peut d'ailleurs reprocher à l'éditeur français de ce livre de ne pas avoir conservé le titre original et d'utiliser celui de Femmes de réconfort.
L'une des victimes, une Néerlandaise, écrit ainsi : "Plus que tout je refuse catégoriquement le terme de "femme de réconfort" puisqu'il signifie quelque chose de chaleureux et doux".
Il s'agit donc de prostitution forcée, de viol et d'esclavage et les responsables japonais ont été jugés pour ces crimes au procès de Tokyo de 1946.



vendredi 8 février 2008

Zipang : la marine japonaise entre passé et présent

La série

Début du XXIème siècle, le Japon a une constitution pacifiste depuis sa défaite en 1945. Le pays ne possède d'ailleurs pas d'armée mais des "Forces d'autodéfense" (3ème budget mondial tout de même...). Un navire japonais, le Mirai, lève l'ancre pour participer à des manoeuvres en Amérique du Sud. Après un violent orage, beaucoup de choses vont changer... Le navire se retrouve impliqué dans la bataille de Midway en 1942 ! Des hommes préparés pour maintenir la paix doivent-ils participer à la guerre ? Si oui, comment ? Doivent-ils s'interposer ? Doivent-ils tuer pour changer le cours de l'histoire ?


dimanche 27 janvier 2008

"Lust, caution" : L'amour est-il plus fort que le patriotisme ?

Le film

J'ai vu pour vous le dernier film du Taïwanais Ang Lee (Le secret de Brockeback Mountain, Tigres et dragons). Il nous fait plonger dans le Shanghaï des années 1940, sous occupation japonaise. Un gouvernement de "collaborateurs" chinois à la solde des Japonais est dirigé par Wang Jingwei. Une jeune étudiante (jouée par Tang Wei dont c'est le premier film), membre d'une troupe de théâtre "patriotique", est chargée avec ses camarades de tuer l'un des principaux responsables de ce gouvernement, M. Yee (incarné par l'acteur fétiche de Wong Kar Wai, Tony Leung).

Pourquoi ce titre ? Lust, caution, traduction anglaise du chinois « se, jie ». "La préfacière (et traductrice) d'Eileen Chang [l'auteur de la nouvelle qui a inspiré le film], Emmanuelle Péchenart, nous plonge dans une jungle polysémique typiquement chinoise : « Se désigne la couleur, le charme féminin et le désir sexuel , jie signifie l'abstinence, la retenue et la pru­dence, mais les deux termes signifient encore rôle de théâtre, bague et aussi encercler, donner l'alarme. » Deux mots contiennent littéralement tous les ingrédients du récit : toute la complexité du monde cachée sous le trait fin de l'idéogramme..." [source : Télérama]

La bande-annonce (in english) :



La polémique

Le film d'Ang Lee a suscité des réactions enflammées en Chine populaire comme à Taïwan. La première partie du film montre des Chinois unis contre l'envahisseur japonais, à l'image de cette représentation théâtrale au cours de laquelle la réplique "La Chine ne doit pas mourrir" provoque pleurs et enthousiasme dans le public. Il heurte donc l'interprétation communiste officielle en faisant de jeunes proches des nationalistes du Kouomitang (longtemps au pouvoir à Taïwan) des "patriotes". Mais en montrant que ce même Kouomitang était divisé sur les relations avec les "traîtres à la nation chinoise", il remet en cause l'analyse officielle sur l'île. La deuxième partie, plus centrée sur la relation entre l'espionne et le collaborateur va finalement mettre tout le monde d'accord contre Ang Lee... Celui-ci ne suggère-t-il pas que l'amour peut être plus fort que la défense de sa patrie ?
Dans le numéro 898 (17 janvier 2008) de Courrier international (disponible au CDI), vous trouverez une analyse détaillée des polémiques créées en Asie par ce film.
[photo : Wang JingWei, le "Pétain" chinois, mort en 1944]

Voici quelques dates sur cette période :

1921 Fondation à Shanghai du Parti communiste chinois par quelques intellectuels.

Formation à Canton d'un gouvernement nationaliste présidé par Sun Yat-sen.

1927 Tchang Kai-shek écrase les communistes et forme son propre gouvernement à Nankin.

1929-34 Fondation d'une république soviétique dans le Jiangxi, sur laquelle Tchang Kai-shek envoie l’armée.

Début de la Longue Marche, fuite des communistes.

1931 Les Japonais envahissent la Mandchourie. Ils créent l’état indépendant du Mandchoukouo.

1933-35 Les Japonais avancent en Chine du nord.

1935 Mao Zedong est rétabli comme chef du Parti communiste.

1936 Incident de Xi'an.

Les communistes capturent Tchang Kai-shek et l'obligent à participer au front uni contre le Japon.

1937 Le Japon envahit la Chine du Nord. A Nankin l’armée Japonaise se livre à un important massacre de civils.

1938 Le gouvernement nationaliste se replie à Chongqing.

1940 Wang Jingwei crée à Nankin un gouvernement à la solde des Japonais.

1941 Les Japonais s'emparent de Hong-Kong.

1944 Mort de Wang Jingwei.

1945 Août : capitulation japonaise.

Les communistes occupent le nord de la Chine.

Les nationalistes occupent la plus grande partie du territoire.

1946-49 Guerre entre communistes et nationalistes.

1949 1er octobre : proclamation de la République populaire de Chine.

Tchang Kai-shek replie les institutions de la République de Chine à Taiwan.


Les liens

Retrouvez la critique complète de Télérama dont j'ai cité un extrait, le site du film d'où est tirée la chronologie ci-dessus, le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale avec notamment la chronologie interactive sur l'Asie de 1839 à 2008, un entretien avec Jean-Louis Margolin sur les crimes du Japon en guerre, le révisionnisme dans les mangas japonais,...

Post scriptum : (5 mai 2008) Pékin a fait interdire les publicités dans lesquelles apparaissait l'actrice Tang Wei, fait annuler ses participations à des festivals et effacer toute référence à l'actrice sur Google.... (informations parues dans ELLE le 24 mars 2008).


dimanche 13 janvier 2008

L'histoire des 3 Adolf de Tezuka

Le livre

Adolf Kamil et Adolf Kauffmann sont deux garçons allemands qui vivent à Kobe au Japon, ils sont amis. Mais le premier est juif et le deuxième est le fils d'un dignitaire nazi marié à une Japonaise. Le troisième Adolf n'est autre qu'Hitler lui-même. Il est celui qui va bouleverser la vie des deux premiers. L'intrigue qui sert de fil conducteur tourne autour des origines d'Hitler. Outre les deux garçons, elle implique un journaliste, Sohei Togué, ancien marathonien, qui fait tout pour tenir la promesse qu'il a faite à son frère, une institutrice pacifiste, un fils d'officier japonais en révolte contre son père.
Tezuka, le "Dieu du manga" nous offre une aperçu très riche et varié de l'âme humaine dans ses travers les plus sombres comme dans ses intentions les plus nobles. Le drame étant qu'une même personne passe de l'un à l'autre.
On peut reprocher à Tezuka certaines libertés qu'il prend avec l'histoire, mais il nous montre magnifiquement comment la haine de l'autre se fabrique et s'apprend. Les deux amis, pris dans des engrenages qui les dépassent (ce ne sont que des adolescents) sont contraints par l'histoire à choisir ou à subir leur sort.
L'auteur est sans doute plus pertinent lorsqu'il dépeint le Japon en guerre que lors des scènes européennes, mais cela ne nuit pas à l'intrigue et à ses multiples rebondissements.

Personnellemnt, j'ai beaucoup aimé cette oeuvre en 4 volumes à lire d'une traite !

Osamu Tezuka, L'histoire des 3 Adolf, Tonkam, 1998; 4 tomes


L'extrait



Les liens

Une biographie d'Osamu Tezuka, un des pionniers du genre et l'un des plus productifs (170 000 pages !). Sa vie (1928-1989) fait l'objet d'un manga en cours de réalisation. Voici le site "officiel". Il existe un forum en français consacré à l'auteur.
Retrouvez le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale et des liens sur le révisionnisme dans les mangas. D'autres articles sur les mangas.


samedi 8 décembre 2007

Gen, enfant d'Hiroshima

Le livre

Kenji Nakazawa est né en 1939 et vit à Hiroshima, il est mangaka, c'est-à-dire auteur de manga. Il nous livre un récit autobiographique bouleversant sur son histoire et celle de sa famille avec Gen d'Hiroshima (titre original : Gen aux pieds-nus, Hadashi no Gen). Dans le Japon militariste, le père de Gen se distingue par son pacifisme de plus en plus ouvert et de moins en moins supporté par les autorités locales et le voisinage. Il est régulièrement arrêté et battu. Ce "déshonneur" rejaillit sur ses enfants qui subissent toutes sortes de brimades et poussent son ainé à s'engager dans l'armée pour prouver qu'il n'est pas un "fils de traître". Le premier volume n'est fait que des ses malheurs qui accablent la famille Nakaoka, outre la faim et la peur des bombardements qui semblent étrangement épargner Hiroshima. Gen, 6 ans, et son petit frère Shinji, entre survie et occupations habituelles d'enfants de leur âge,

Le premier tome nous fait plonger au coeur de la société japonaise en guerre. C'est l'histoire par en bas et cela ne manque pas d'intérêt, en particulier pour le lecteur occidental peu au fait de la guerre d'Asie-Pacifique. L'éditeur signale judicieusement qu'Einstein n'a pas participé au projet Manhattan ayant abouti à la première bombe atomique.
C'est donc un manifeste pacifiste contre le militarisme du Japon en guerre, mais aussi, évidemment, contre cette arme de destruction sans précédent utilisée par les Etats-Unis.
Les tomes suivants (il y en a 10 en tout...), que je n'ai pas encore lus, évoquent la suite du parcours de Gen dans le Japon sous occupation américaine.

Sur la forme, une fois surmontées les difficultés à lire les bulles et les pages de droite à gauche, on se laisse surprendre par l'univers du manga. Je ne suis pas suffisamment calé sur cet univers pour vous dire si la violence qui le traverse est habituelle (celle de la guerre bien sûr, mais aussi celles de la société japonaise ou du père sur ses fils...). La violence de l'explosion qui clôt le premier volume ressemble à de la science-fiction, ce qu'elle n'est évidemment pas. Kenji Nakazawa , à travers l'évocation de son propre passé par le dessin, nous donne un aperçu saisissant de ce traumatisme pour les corps et les esprits.


L'extrait





[Air traditionnel américain que chante Gen dans le tome 4 pour distraire les soldats américains pendant que d'autres leur volent du lait. Entendu par ailleurs dans le très bon O'Brother des frères Coen]

Les liens

Dans le dossier du mois de décembre 2007, des liens sur l'histoire dans les mangas, notamment sur le révisionnisme qu'on y trouve parfois. Une chronologie interactive de l'Asie orientale aux XIXème et XXème siècles. Des liens sur le Japon.

Une critique sur BDGest. La série a reçu le prix Asie-ACBD 2007.
Un dessin animé a été réalisé dont voici le début (ci-dessous) et même un film. Le dessin animé est disponible en DVD. D'après Fabien Tillon, cette adaptation est plus ambigüe quant la période militariste et le pacifisme du père de Gen y est grandement édulcoré.

Un très bon site pour comprendre les deux bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.