Des livres, des films, des émissions, des musiques, de l'art pour apprendre et comprendre le monde

Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !
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mardi 23 décembre 2008

La ballade des bérets verts.



Bien loin du protest song ou des chants révolutionnaires, voici un hymne à l'armée américaine, envisagée comme ultime rempart face à l'avancée communiste, sur fond de guerre du Vietnam.

Ce morceau du Staff Sergeant Barry Sadler date de 1965. L’escalade militaire a débuté au Vietnam, mais les protestations contre l’intervention américaine restent alors extrêmement minoritaires.
A ce titre, ce morceau semble très représentatif de l’état d’esprit de la majorité silencieuse américaine d'alors.

La suite est à lire sur L'Histgeobox.

vendredi 4 juillet 2008

Le Japon : Des Samouraïs aux mangas

Le magazine L'histoire publie en juillet un numéro spécial sur l'histoire du Japon. Si vous suivez assidument ce blog et ceux de ses contributeurs, vous savez que c'est un pays qui nous intéresse, notamment pour ses mangas. Dans ce numéro, vous trouverez un excellent article de Jean-Marie Bouissou : "Le manga, enfant de la bombe ?" sur l'histoire des mangas, depuis leurs origines lointaines jusqu'à leur essor considérable après 1945.
Les mangas sont en effet un support très pertinent pour comprendre l'évolution politique et sociale du Japon depuis 1945. Grâce à vos conseils de lecture (merci Nicolas !), je découvre petit à petit cet univers fascinant et divers. Nous vous avons déjà parlé ici de l'Histoire des 3 Adolf de Tezuka, de Gen d'Hiroshima, de Zipang, des très sombres et passionnants Vents de la colère qui rendent compte de l'atmosphère de la fin des années 1960. Retrouvez le dossier sur les BD asiatiques (coréennes, chinoises,...).
Dans le numéro spécial de L'histoire (sommaire complet ici), vous trouverez également deux articles sur le Japon en guerre écrits par Jean-Louis Margolin qui avait eu la gentillesse de nous accorder un entretien lors de la sortie de son dernier livre. Vous pouvez écouter et télécharger cet entretien ici.

Enfin, retrouvez le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale au XXème siècle (liens, chronologie interactive,...)


mardi 10 juin 2008

La BD chinoise s'ouvre au monde

Le mensuel Bodoï, "explorateur de Bandes dessinées" , publie un numéro spécial sur la BD chinoise. Créé en 1997, ce magazine propose un aperçu des atouts et des difficultés des auteurs chinois.

jeudi 17 avril 2008

American born Chinese : Histoire d'un Chinois d'Amérique

Jin vit en Californie. Ses parents sont nés en Chine avant d'émigrer aux Etats-Unis. Qui est-il ? Quelle est son identité ? Comment vaincre sa timidité maladive ? Il doit répondre à toutes ses questions auxquelles sont confrontés les adolescents du monde entier.

Je vous propose de découvrir cette BD passionnante et d'en apprendre plus sur l'immigration chinoise aux Etats-Unis depuis le XIXème siècle.

mercredi 12 mars 2008

Chagrin dans le ciel : La Corée des années soixante

Un livre a bouleversé la Corée du Sud dans les années 1960, il s'agit du journal intime de Lee Youn-bok : Chagrin dans le ciel. Il a alors 10 ans et tente de survivre dans la misère. Ce journal, déjà mis en film, a fait l'objet d'un manhwa par Lee Hee-jae en 1990.

dimanche 9 mars 2008

L'année 68 au Japon : Les vents de la colère

Japon, fin des années 1960, deux fils d'un ancien officier de l'armée japonaise connaissent des destins différents. L'ainé, Mitsutaka, suit la ligne tracée par son père et devient un brillant militaire. Le cadet, Gen, goûte peu l'atmosphère martiale qui règne à la maison et décide de quitter la famille. Il est alors confronté, dans son désir d'indépendance et sa soif d'idéal, aux problèmes de son époque.



dimanche 2 mars 2008

Nambul, une histoire fictive de la guerre entre la Corée et le Japon

Une guerre entre la Corée et le Japon. C'est le scénario imaginé par Ya Sul Lok et mis en dessin par Lee Yun Se.
Le pétrole se raréfie (jusqu'ici rien de fictif...), attisant les tensions entre les pays asiatiques. En Indonésie, l'archipel des Moluques (Makalu), riche en pétrole, est le lieu d'un affrontement entre le gouvernement et un mouvement indépendantiste soutenu par le Japon. Celui-ci espère en effet obtenir de ce mouvement la concession de l'exploitation du pétrole confiée à des firmes coréennes. Voilà le prétexte. Les employés coréens sont pris en otage, la situation dégénère et aboutit à un conflit impliquant la plupart des nations asiatiques et l'ASEAN contre le Japon.

samedi 1 mars 2008

Esclaves sexuelles de l'armée japonaise par Jung Kyung-a

Ce pourrait être de l'histoire ancienne, mais cette histoire est encore "brûlante". Les questions liées à la Seconde Guerre mondiale en Asie sont encore des sujets de discorde. Ainsi en est-il de la reconnaissance par le Japon de sa responsabilité dans ce que l'armée japonaise nommait des "femmes de réconfort".
Mais ce terme même pose problème. Il s'agit en fait d'esclaves sexuelles de l'armée japonaise. On peut d'ailleurs reprocher à l'éditeur français de ce livre de ne pas avoir conservé le titre original et d'utiliser celui de Femmes de réconfort.
L'une des victimes, une Néerlandaise, écrit ainsi : "Plus que tout je refuse catégoriquement le terme de "femme de réconfort" puisqu'il signifie quelque chose de chaleureux et doux".
Il s'agit donc de prostitution forcée, de viol et d'esclavage et les responsables japonais ont été jugés pour ces crimes au procès de Tokyo de 1946.



mardi 12 février 2008

Rambo, symbole de l'Amérique triomphante ou désenchantée ?

Personnage de guerrier invincible, Rambo incarné par Sylvester Stallone va devenir le symbole de l’Amérique triomphante des années 80. Avec la sortie de John Rambo, Sylvester Stallone ressuscite ce personnage pour le montrer vieillissant mais encore dévastateur. Si le boxeur Rocky Balboa, l’autre personnage fétiche de l’acteur incarne plutôt la classe ouvrière américaine, l’ ex commando d’élite John Rambo va lui représenter à la fois la mauvaise conscience de l’Amérique comme son anti-communisme le plus outrancier. Retour sur un personnage qui devient un enjeu historique dans les années 80…

Le film "Rambo : First Blood" fondateur de la série, s'inscrit dans la vision désenchantée de l'Amérique suite à la défaite au Vietnam.

Ancien commando d'élite, John Rambo n'a pu se réacclimater à un pays qui n’a rien eu de plus pressé que de vouloir oublier ses vétérans, symbole d’une guerre perdue dont elle ne veut plus parler. Devenu une sorte de vagabond, Rambo subit les vexations du shérif d’une petite bourgade des Rocheuses. Arrêté puis molesté par le policier et ses adjoints, Il finit par exploser, dévaste le commissariat et redevient la bête de guerre qu’il a été. Réfugié dans les montagnes, il est traqué par la garde nationale mais s’avère un gibier plus dangereux que ses chasseurs. Alors que toutes les autorités veulent s’en débarrasser seul le colonel Trautman, son ancien formateur, comprend le traumatisme de l’ancien soldat et tente de calmer le jeu.

Le film est sorti en 82 mais il a été écrit à la fin des années 70. Ronald Reagan vient tout juste d’être élu et le souvenir de la sale guerre est encore vif. Le désenchantement de la décennie précédente est encore palpable dans ce film. La fin originale qui avait même été tournée faisait tuer le personnage dans un dernier baroud inutile contre les forces de l’ordre. Le film sous ses allures de production d’action met le doigt là où ça fait mal. Le retour au pays d’une génération traumatisée par cette guerre perdue et que personne n’attend à la maison.

C’est, malgré la présence de Stallone, un film à relativement petit budget sur lequel peu de gens aurait misé. Il marquera durablement les esprits et s’inscrit parmi les meilleurs films d’action de la décennie 80.

Trois ans plus tard, Rambo revient pour un Rambo II qui part dans une direction diamétralement opposée.


Le vétéran est tiré de la prison où il croupit pour les destructions causées dans le premier opus afin de repartir secrètement au Vietnam vérifier si des prisonniers américains ne s’y trouveraient pas encore détenus. Là, pour sortir ses camarades des prisons où ils croupissent, il se rebelle contre ses commanditaires qui veulent éviter l’incident diplomatique et affronte leurs sadiques geôliers vietnamiens qui sont en plus épaulés par une escouade de spetsnaz, les soldats d’élite soviétiques.


Barbara et Ronald Reagan au coté de Stallone et de son épouse de l'époque l'actrice Birgit Nielsen

En 85 l’ambiance n’est plus la même. « America is Back ». Ronald Reagan a relancé la guerre fraîche contre l’empire du mal soviétique. D’ailleurs le président Reagan aurait déclaré après avoir vu le film «Si l’Amérique a un problème, nous saurons qui envoyer… ». L’heure n’est plus à l’apitoiement mais à l’offensive contre l’hydre communiste. Rambo va, court, vole et venge l’Amérique en traversant des rideaux de balles et des bombardements au napalm, regagnant pratiquement la guerre du Vietnam à lui tout seul.

Le film devient le symbole de la puissance américaine retrouvée. Il relance la vraie question des disparus « missing in action », ces soldats abandonnés sur place aux mains de l’ennemi à la fin de la guerre du Vietnam et qui selon le scénario aurait été volontairement oubliés là bas par des politiciens soucieux de négocier la paix à tout prix. Le film n’est pas très subtil mais diablement efficace. Le personnage devient dans le monde entier le symbole de l’Amérique triomphante et volontaire. Ce n’est pas un hasard si les Guignols de l’info utiliseront la marionnette de Stallone quelques temps plus tard pour symboliser la puissance militaire américaine. Le film n’est pas le seul sur le créneau et toute une série de productions de films de guerre à succès copieront ce modèle alimentant pour les américains le fantasme d’un conflit qui aurait pu être gagné si on y avait mis les moyens…

En 1988, Rambo part cette fois-ci en Afghanistan pour affronter directement les soviétiques qui occupent le pays et délivrer le colonel Trautman retenu prisonnier après une opération ratée d’aide aux maquisards afghans

Prévu pour relancer Stallone dont la carrière commence à s’essouffler, le film joue la carte de la surenchère envoyant Rambo directement face à l’armée rouge. Très manichéen (gentils résistants afghans contre vilains russes tortionnaires), le film dédié au courageux peuple afghan devient risible tant Rambo apparaît ici comme un surhomme invulnérable abattant des hélicoptères à l’arc. Sa sortie, bien que rentable, n’eut pas le succès escompté, en effet l’air du temps a commencé à changer et le film arrive un peu trop tard. Les relations sont devenues beaucoup plus cordiales avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir en URSS et l’amélioration des relations américano-soviétique est à l’ordre du jour. Signe des temps une semaine avant la sortie américaine, Gorbatchev annonce le départ des soviétiques d’Afghanistan.

Faute d’ennemi à combattre et suite à la faillite de Carolco, la maison de production possédant les droits du personnage, Rambo s’endort jusqu’en 2008 pour ressortir aujourd’hui dans John Rambo qui nous présente un vétéran vieilli dans un monde qui ne s’est pas calmé avec la chute de l’empire soviétique. Le film, scénarisé et réalisé par Stallone lui-même nous présente donc un Rambo âgé mais toujours massif qui s’est retiré dans la jungle thaïlandaise pour y chercher la paix de l’âme. Un groupe de missionnaires naïfs et légèrement illuminés l’engage pour les mener en Birmanie, en territoire Karen, une ethnie minoritaire qui subit de la part du gouvernement militaire birman un véritable génocide. D’abord réticent à s’impliquer, il reprend les armes lorsque les missionnaires sont enlevés par des militaires birmans lors de l’attaque du village où ils se sont installés.

Ce nouveau Rambo est en rupture par rapport aux précédents. Pas d’ennemi idéologique à affronter ici, le film décrit une de ces interminables « guerre de basse intensité » qui ensanglante le monde et qui ne font pas la une des médias. Un gouvernement narco-militaire qui massacre et réduit en esclavage des populations entières dans l’indifférence générale. Les grands gouvernements internationaux, américains en tête sont absents. Seuls des humanitaires, ici les missionnaires d’une église évangélique, sortes de boy-scouts bourrés de bons sentiments mais un peu en dehors des réalités semblent se préoccuper de ce qui s’y passe. Rambo n’est plus le super soldat de l’Amérique mais juste un gars paumé qui comprend que ce qu’il sait le mieux faire au monde, c’est tuer. Alors il le fait, parce que c’est le plus simple et peut-être le plus efficace, même si au bout du compte ça ne change jamais rien.

Soyons honnêtes, le film ne va pas très loin et l’arrière plan birman est surtout un prétexte pour ressusciter un personnage chargé d’un imaginaire encore porteur commercialement après le succès de Rocky Balboa. Rambo ne se bat plus pour l’Amérique, ni pour lui-même mais juste parce qu’il est fait pour cela. Stallone et son visage ravagé par les opérations esthétiques ratées apporte une véritable puissance au film. Mais bon, ce qui reste surtout c’est l’incroyable déchaînement de violence du film qui me font le déconseiller aux plus jeunes et aux plus sensibles. Que ce soient les soudards birmans qui s’amusent à envoyer les civils courir dans les champs de mines ou Rambo lui-même qui arrache des carotides à mains nues, on est abasourdi par la violence des images. Les têtes explosent, les membres sont arrachés sous les impacts, de quoi faire passer le débarquement du « Soldat Ryan » pour « Bambi ». La guerre ce n’est pas beau et le film le montre complaisamment.

Rambo au final revient dans son pays où il n’est plus ni un rebelle, ni une icône patriotique. Juste quelqu’un qui veut rentrer chez lui. Le ras-le bol de la guerre en Irak est passé par là. Stallone est un républicain mais confesse avoir été très déçu par Bush et son administration. Il appelle à voter John McCain, ancien prisonnier lors de la guerre du Vietnam qui, tout en glorifiant les valeurs traditionnelles américaines et en appelant à poursuivre l'intervention en Irak a été un des premiers à dénoncer les excés de l'administration Bush dans le bourbier irakien. Stallone dans ce film semble déterminé mais aussi plus désabusé : la force a parlé en Irak ou ailleurs. Ce n'était pas une belle chose mais aux yeux de nombreux américains, c'était nécessaire face au terrorisme. Encore une fois Rambo illustre l’état d’esprit de l’Amérique profonde. Il a fallu faire la guerre et cela a été fait. Il est temps de rentrer à la maison maintenant, sans triomphalisme, mais sans honte…

vendredi 8 février 2008

Zipang : la marine japonaise entre passé et présent

La série

Début du XXIème siècle, le Japon a une constitution pacifiste depuis sa défaite en 1945. Le pays ne possède d'ailleurs pas d'armée mais des "Forces d'autodéfense" (3ème budget mondial tout de même...). Un navire japonais, le Mirai, lève l'ancre pour participer à des manoeuvres en Amérique du Sud. Après un violent orage, beaucoup de choses vont changer... Le navire se retrouve impliqué dans la bataille de Midway en 1942 ! Des hommes préparés pour maintenir la paix doivent-ils participer à la guerre ? Si oui, comment ? Doivent-ils s'interposer ? Doivent-ils tuer pour changer le cours de l'histoire ?


dimanche 27 janvier 2008

"Lust, caution" : L'amour est-il plus fort que le patriotisme ?

Le film

J'ai vu pour vous le dernier film du Taïwanais Ang Lee (Le secret de Brockeback Mountain, Tigres et dragons). Il nous fait plonger dans le Shanghaï des années 1940, sous occupation japonaise. Un gouvernement de "collaborateurs" chinois à la solde des Japonais est dirigé par Wang Jingwei. Une jeune étudiante (jouée par Tang Wei dont c'est le premier film), membre d'une troupe de théâtre "patriotique", est chargée avec ses camarades de tuer l'un des principaux responsables de ce gouvernement, M. Yee (incarné par l'acteur fétiche de Wong Kar Wai, Tony Leung).

Pourquoi ce titre ? Lust, caution, traduction anglaise du chinois « se, jie ». "La préfacière (et traductrice) d'Eileen Chang [l'auteur de la nouvelle qui a inspiré le film], Emmanuelle Péchenart, nous plonge dans une jungle polysémique typiquement chinoise : « Se désigne la couleur, le charme féminin et le désir sexuel , jie signifie l'abstinence, la retenue et la pru­dence, mais les deux termes signifient encore rôle de théâtre, bague et aussi encercler, donner l'alarme. » Deux mots contiennent littéralement tous les ingrédients du récit : toute la complexité du monde cachée sous le trait fin de l'idéogramme..." [source : Télérama]

La bande-annonce (in english) :



La polémique

Le film d'Ang Lee a suscité des réactions enflammées en Chine populaire comme à Taïwan. La première partie du film montre des Chinois unis contre l'envahisseur japonais, à l'image de cette représentation théâtrale au cours de laquelle la réplique "La Chine ne doit pas mourrir" provoque pleurs et enthousiasme dans le public. Il heurte donc l'interprétation communiste officielle en faisant de jeunes proches des nationalistes du Kouomitang (longtemps au pouvoir à Taïwan) des "patriotes". Mais en montrant que ce même Kouomitang était divisé sur les relations avec les "traîtres à la nation chinoise", il remet en cause l'analyse officielle sur l'île. La deuxième partie, plus centrée sur la relation entre l'espionne et le collaborateur va finalement mettre tout le monde d'accord contre Ang Lee... Celui-ci ne suggère-t-il pas que l'amour peut être plus fort que la défense de sa patrie ?
Dans le numéro 898 (17 janvier 2008) de Courrier international (disponible au CDI), vous trouverez une analyse détaillée des polémiques créées en Asie par ce film.
[photo : Wang JingWei, le "Pétain" chinois, mort en 1944]

Voici quelques dates sur cette période :

1921 Fondation à Shanghai du Parti communiste chinois par quelques intellectuels.

Formation à Canton d'un gouvernement nationaliste présidé par Sun Yat-sen.

1927 Tchang Kai-shek écrase les communistes et forme son propre gouvernement à Nankin.

1929-34 Fondation d'une république soviétique dans le Jiangxi, sur laquelle Tchang Kai-shek envoie l’armée.

Début de la Longue Marche, fuite des communistes.

1931 Les Japonais envahissent la Mandchourie. Ils créent l’état indépendant du Mandchoukouo.

1933-35 Les Japonais avancent en Chine du nord.

1935 Mao Zedong est rétabli comme chef du Parti communiste.

1936 Incident de Xi'an.

Les communistes capturent Tchang Kai-shek et l'obligent à participer au front uni contre le Japon.

1937 Le Japon envahit la Chine du Nord. A Nankin l’armée Japonaise se livre à un important massacre de civils.

1938 Le gouvernement nationaliste se replie à Chongqing.

1940 Wang Jingwei crée à Nankin un gouvernement à la solde des Japonais.

1941 Les Japonais s'emparent de Hong-Kong.

1944 Mort de Wang Jingwei.

1945 Août : capitulation japonaise.

Les communistes occupent le nord de la Chine.

Les nationalistes occupent la plus grande partie du territoire.

1946-49 Guerre entre communistes et nationalistes.

1949 1er octobre : proclamation de la République populaire de Chine.

Tchang Kai-shek replie les institutions de la République de Chine à Taiwan.


Les liens

Retrouvez la critique complète de Télérama dont j'ai cité un extrait, le site du film d'où est tirée la chronologie ci-dessus, le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale avec notamment la chronologie interactive sur l'Asie de 1839 à 2008, un entretien avec Jean-Louis Margolin sur les crimes du Japon en guerre, le révisionnisme dans les mangas japonais,...

Post scriptum : (5 mai 2008) Pékin a fait interdire les publicités dans lesquelles apparaissait l'actrice Tang Wei, fait annuler ses participations à des festivals et effacer toute référence à l'actrice sur Google.... (informations parues dans ELLE le 24 mars 2008).


dimanche 13 janvier 2008

L'histoire des 3 Adolf de Tezuka

Le livre

Adolf Kamil et Adolf Kauffmann sont deux garçons allemands qui vivent à Kobe au Japon, ils sont amis. Mais le premier est juif et le deuxième est le fils d'un dignitaire nazi marié à une Japonaise. Le troisième Adolf n'est autre qu'Hitler lui-même. Il est celui qui va bouleverser la vie des deux premiers. L'intrigue qui sert de fil conducteur tourne autour des origines d'Hitler. Outre les deux garçons, elle implique un journaliste, Sohei Togué, ancien marathonien, qui fait tout pour tenir la promesse qu'il a faite à son frère, une institutrice pacifiste, un fils d'officier japonais en révolte contre son père.
Tezuka, le "Dieu du manga" nous offre une aperçu très riche et varié de l'âme humaine dans ses travers les plus sombres comme dans ses intentions les plus nobles. Le drame étant qu'une même personne passe de l'un à l'autre.
On peut reprocher à Tezuka certaines libertés qu'il prend avec l'histoire, mais il nous montre magnifiquement comment la haine de l'autre se fabrique et s'apprend. Les deux amis, pris dans des engrenages qui les dépassent (ce ne sont que des adolescents) sont contraints par l'histoire à choisir ou à subir leur sort.
L'auteur est sans doute plus pertinent lorsqu'il dépeint le Japon en guerre que lors des scènes européennes, mais cela ne nuit pas à l'intrigue et à ses multiples rebondissements.

Personnellemnt, j'ai beaucoup aimé cette oeuvre en 4 volumes à lire d'une traite !

Osamu Tezuka, L'histoire des 3 Adolf, Tonkam, 1998; 4 tomes


L'extrait



Les liens

Une biographie d'Osamu Tezuka, un des pionniers du genre et l'un des plus productifs (170 000 pages !). Sa vie (1928-1989) fait l'objet d'un manga en cours de réalisation. Voici le site "officiel". Il existe un forum en français consacré à l'auteur.
Retrouvez le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale et des liens sur le révisionnisme dans les mangas. D'autres articles sur les mangas.


dimanche 6 janvier 2008

L'Asie orientale en BD

J'avais prévu de lire pour vous plusieurs BD et de vous en parler. Mais voilà, mon collègue Richard Tribouilloy, qui tient un très bon blog pour ses terminales depuis la rentrée m'a devancé...
Loin de lui en vouloir (ça fait du travail en moins !), je le félicite d'avoir eu cette très bonne idée et je vous renvoie à son article.

Il s'agit du travail du dessinateur Guy Delisle sur trois pays asiatiques, la Chine, la Corée du Nord et la Birmanie. Trois albums sont sortis : Shenzen (2003), Pyongyang (2005) et enfin cette année (oups...), l'an dernier Chroniques birmanes.


samedi 8 décembre 2007

Gen, enfant d'Hiroshima

Le livre

Kenji Nakazawa est né en 1939 et vit à Hiroshima, il est mangaka, c'est-à-dire auteur de manga. Il nous livre un récit autobiographique bouleversant sur son histoire et celle de sa famille avec Gen d'Hiroshima (titre original : Gen aux pieds-nus, Hadashi no Gen). Dans le Japon militariste, le père de Gen se distingue par son pacifisme de plus en plus ouvert et de moins en moins supporté par les autorités locales et le voisinage. Il est régulièrement arrêté et battu. Ce "déshonneur" rejaillit sur ses enfants qui subissent toutes sortes de brimades et poussent son ainé à s'engager dans l'armée pour prouver qu'il n'est pas un "fils de traître". Le premier volume n'est fait que des ses malheurs qui accablent la famille Nakaoka, outre la faim et la peur des bombardements qui semblent étrangement épargner Hiroshima. Gen, 6 ans, et son petit frère Shinji, entre survie et occupations habituelles d'enfants de leur âge,

Le premier tome nous fait plonger au coeur de la société japonaise en guerre. C'est l'histoire par en bas et cela ne manque pas d'intérêt, en particulier pour le lecteur occidental peu au fait de la guerre d'Asie-Pacifique. L'éditeur signale judicieusement qu'Einstein n'a pas participé au projet Manhattan ayant abouti à la première bombe atomique.
C'est donc un manifeste pacifiste contre le militarisme du Japon en guerre, mais aussi, évidemment, contre cette arme de destruction sans précédent utilisée par les Etats-Unis.
Les tomes suivants (il y en a 10 en tout...), que je n'ai pas encore lus, évoquent la suite du parcours de Gen dans le Japon sous occupation américaine.

Sur la forme, une fois surmontées les difficultés à lire les bulles et les pages de droite à gauche, on se laisse surprendre par l'univers du manga. Je ne suis pas suffisamment calé sur cet univers pour vous dire si la violence qui le traverse est habituelle (celle de la guerre bien sûr, mais aussi celles de la société japonaise ou du père sur ses fils...). La violence de l'explosion qui clôt le premier volume ressemble à de la science-fiction, ce qu'elle n'est évidemment pas. Kenji Nakazawa , à travers l'évocation de son propre passé par le dessin, nous donne un aperçu saisissant de ce traumatisme pour les corps et les esprits.


L'extrait





[Air traditionnel américain que chante Gen dans le tome 4 pour distraire les soldats américains pendant que d'autres leur volent du lait. Entendu par ailleurs dans le très bon O'Brother des frères Coen]

Les liens

Dans le dossier du mois de décembre 2007, des liens sur l'histoire dans les mangas, notamment sur le révisionnisme qu'on y trouve parfois. Une chronologie interactive de l'Asie orientale aux XIXème et XXème siècles. Des liens sur le Japon.

Une critique sur BDGest. La série a reçu le prix Asie-ACBD 2007.
Un dessin animé a été réalisé dont voici le début (ci-dessous) et même un film. Le dessin animé est disponible en DVD. D'après Fabien Tillon, cette adaptation est plus ambigüe quant la période militariste et le pacifisme du père de Gen y est grandement édulcoré.

Un très bon site pour comprendre les deux bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.