Des livres, des films, des émissions, des musiques, de l'art pour apprendre et comprendre le monde

Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !
Affichage des articles dont le libellé est Playlist. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Playlist. Afficher tous les articles

mardi 6 janvier 2009

Sur la platine: janvier 2009.

Gwen McRae. D'accord, son fard à paupière n'est pas terrible, mais quelle voix!

Funk, reggae, pop orchestrale, musique guinéenne au programme de la sélection du mois.

Pour la découvir, Cliquez Ici.

samedi 27 décembre 2008

Jeu de la semaine : Mes 16 titres préférés en 2008

Parmi tous les titres que j'ai sélectionné pour vous cette année, il y en a 16 que j'aime plus que d'autres, je vous propose de reconnaître les interprètes dans ce dernier Blind-Test de 2008 :




N'oubliez pas également de voter pour votre album préféré à droite !

lundi 1 décembre 2008

J'aime bien-décembre 2008

Voilà quelques mois que, pour reprendre la bonne habitude instituée par Julien Blottière sur l'histgeobox, je vous propose une sélection mensuelle de titres anciens ou récents en rapport plus ou moins direct avec le programme d'histoire-géo ou tout simplement parce que j'aime les écouter ! [Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents : août, septembre, octobre, novembre]
Je compte bien poursuivre cette sélection (sauf si vous me demandez d'arrêter...) mais à partir de ce mois-ci, je donnerais deux ou trois mots d'explication sur les titres sélectionnés. N'hésitez pas à me faire part en commentaire de vos impressions, bonnes ou mauvaises, sur mes choix musicaux. C'est parti :

  • La chanteuse nigériane Nneka déborde d'énergie, j'ai pu le constater en octobre à Nancy. Dans son album No Longer At Ease, elle consacre une chanson aux malheurs de l'Afrique et de son pays, le Nigeria. C'est la chanson "Suffri". Nneka fait en cette fin d'année une apparition sur l'album tout frais de Medine (Arabian Panther).
  • L'Afrobeat nigerian n'est pas mort avec Fela en 1997. Outre ses deux fils Femi et plus récemment Seun, le groupe Fanga (qui signifie "force spirituelle" en dioula) porte haut les couleurs du genre en l'arrangeant à sa sauce (pas de cuivres et un peu de slam). C'est un groupe français de 7 musiciens. Un exemple avec "Natural Juice" qui est aussi le titre de leur album.
  • Le poète est de retour! Après l'énorme succès de Gibraltar en 2006, Abd Al Malik revient avec Dante. Au programme, des mots et un engagement dont il est coutumier. Voici un des titres qu'il a enregistré avec la chanteuse Wallen qui est également sa femme : "Raconte-moi Madagh".
  • La native de Memphis, Dee Dee Bridgewater, depuis longtemps l'une des voix majeures du jazz contemporain, est partie récemment à la rencontre des musiciens du Mali. La rencontre est plutôt réussie comme en témoigne ce "Long Time Ago".
  • Le trompettiste libanais Ibrahim Maalouf (en photo ci-dessus) fait souffler un vent d'Orient dans sa trompette. Son album Diaspora regorge d'influences multiples avec une dominante jazz.
  • Kanye West vient tout juste de sortir son dernier album 808 and Heartbreak. La nouveauté c'est qu'il ne rappe pas mais qu'il chante. Si vous préfériez le rappeur, je vous recommande deux titres de son album de 2005 Late Registration. Pour commencer, écoutez son "Blood Diamond" (feat. Jay-Z). Le morceau et ses paroles, qui dénoncent l'aveuglement de l'occident (et de certains rappeurs...) sur les conditions dans lesquelles sont extraits les diamants, ont une longue histoire que je vous conte sur l'histgeobox. Je vous conseille ensuite l'excellentissime "Gone" (feat. Consequence et Cam'Ron) où le rappeur de Chicago sample un titre d'Otis Reding "It's Too Late (She's Gone)". Kanye West, l'un des producteurs les plus prisés, sample massivement le meilleur de la soul. J'adore l'association des deux styles qui est presque aussi bien réussie que celle du rap et du rythm 'n blues dans "Gold Digger" (feat. Jamie Foxx, avec un sample du "I Got A Woman" de Ray Charles) dont je vous parlais le mois dernier.
  • Lila Downs est une chanteuse d'origine indienne (Mexique) et américaine. Son dernier album Shakeway : Justicia se veut plus engagé que ce qu'elle a fait précédemment. Ecoutons sa voix chaude dans ce fado.
  • Le duo Amadou et Mariam sort un nouvel album Welcome to Mali. Pour goûter leur son , voici "Africa Riddim".
  • Deux extraits de morceaux du dernier album d'IAM paru en 2007, Saison 5. Le premier "Rap de Droite" vaut le détour, écoutez la version complète ici. Certains rappeurs gangsta ont dû apprécier... Le deuxième "United", ne serait-ce que pour entendre cette punchline (la version complète ici):

    "Ils parlent de cités à risque et nous on parle de racines
    Souvent ils nous pointent du doigt et nous on pointe au chômage"

  • Pour terminer, retour en 2006 avec "Meteque" de Joey Starr. Je vous en parle plus en détail sur l'histgeobox. Je ne me lasse pas de l'écouter.
On aime bien-dec 08

mercredi 26 novembre 2008

Le jeu de la semaine : Pillage et Cie....


Cette semaine, vous devez reconnaître les chanteurs de chansons qui parlent du pillage des ressources des pays du Sud, en particulier en Afrique. C'est un thème que nous avons abordé régulièrement sur l'histgeobox, notamment la "Françafrique".



Pour connaître les réponses, voyez ici la playlist.

Voici deux titres que je n'ai pas pu ajouter à cette liste :
- François Béranger "Mamadou m'a dit"
- Baloji "Tout ceci ne vous rendra pas le Congo" (Hôtel Impala, 2007). Je vous en parle plus en détail sur l'histgeobox, voici le clip :



Vous connaissez d'autres chansons sur ce thème, n'hésitez pas à le signaler en laissant un commentaire à ce message.

dimanche 16 novembre 2008

Sur les traces du bluesman Robert Johnson en BD et manga

La vie de Robert Leroy Johnson fut aussi brève qu'intense. Né en 1911 à Hazelhurst dans l'Etat du Mississippi et mort en 1938, à seulement 27 ans, probablement empoisonné par un mari jaloux !

mercredi 29 octobre 2008

Le jeu de la semaine : Les chansons sur l'eau (2)


Suite cette semaine du jeu les chansons qui parlent de l'eau. Après les chansons en français la semaine dernière, devinez quels sont les interprètes qui chantent en anglais, en italien, en portugais et en allemand.



Retrouvez ici la playlist complète incluant des chansons qui ne sont pas dans le blind-test.


[Photo : Michaël Wagler]

mercredi 22 octobre 2008

Le jeu de la semaine : Les chansons sur l'eau (1)


Cette semaine et la semaine prochaine, je vous propose de jouer avec les chansons qui parlent de l'eau. Vous connaissez le principe : un extrait, cinq réponses possibles, c'est vous qui décidez.



Retrouvez ici la playlist complète incluant des chansons qui ne sont pas dans le blind-test.
La semaine prochaine, même thème mais les interprètes chanteront en anglais, en italien, en portugais et en allemand.

[Photo : Michaël Wagler]

mercredi 8 octobre 2008

Le jeu de la semaine : Goddly Rap


Rap divin ou baratin sur Dieu ?

La religion est un thème très courant dans le rap des deux côtés de l'Atlantique. Aux États-Unis, de nombreux rappeurs se reconnaissent dans la Nation of Islam, mais il y a aussi du rap chrétien. En France, l'Islam semble également dominer dans le rap, mais chacun rappe ses propres convictions qui ne cadrent pas toujours avec une doctrine bien définie. Les sensibilités sont donc diverses.

J'ai fait une sélection partielle de quelques titres, il vous faut reconnaître l'interprète.



Vous pouvez écouter les chansons en entier en cliquant ici. N'hésitez pas à me signaler d'autres titres.

Beaucoup d'autres articles dans notre dossier sur l'histoire et la géographie du Rap

mardi 30 septembre 2008

Le jeu de la semaine : Ecoute, mon frère...


Cette semaine, je vous propose d'essayer de retrouver les auteurs de chansons sur le thème des rapports entre frères. Il y en a pour tous les styles.

Vous êtes prêts, alors c'est parti !

Retrouvez la playlist des titres sur ce thème.

[Photo : Matt et Noah]

mercredi 3 septembre 2008

Album de la semaine (8) Warchild d'Emmanuel Jal

Si Emmanuel Jal a survécu, c'est pour raconter son histoire et toucher des vies. C'est ce qu'il dit au début du titre "Warchild" qui raconte son parcours d'enfant-soldat au Soudan.

lundi 1 septembre 2008

Petite histoire du Rap (prélude)


Quand tout cela a-t-il commencé ? Bienheureux ceux qui le savent !

Comme pour beaucoup de genres musicaux, il est bien difficile de dater précisément les débuts.

Une chose est certaine, le rap n’est pas venu de nulle part, il est l’héritage d’une longue tradition musicale depuis le gospel jusqu’au Reggae. Autre certitude, le rap est né dans le Bronx, dans un quartier de New York livré à lui-même. Tentons d’y voir un peu plus clair.

Débutons cette semaine notre voyage sur les traces du rap avec ses origines dans les années 1970. Une petite histoire à lire, à écouter et à voir.

Que vous soyez béotiens ou b-boys, suivez le guide... C'est par ici.



samedi 23 août 2008

Album de la semaine (7) Une sélection Rap

Cette semaine, je vous présente plusieurs albums rap sortis en 2007 ou en 2008.

Au programme, sincérité et engagement, avec toute l'intensité du rap. Cliquez sur le lien pour en savoir plus, écouter la playlist et voir des vidéos :



mercredi 2 juillet 2008

L'Album de la semaine (3) Suis-je le gardien de mon frère ? Sefyu

Sans sortir d'un relatif anonymat et en passant peu à la télé (il apparaît toujours le visage masqué), le rappeur Sefyu creuse tranquillement son sillon. Après avoir percé sur la scène rap en 2006 avec Qui suis-je ?, le gars du 93 confirme avec Suis-je le gardien de mon frère ?

Comme les titres de ces albums, Sefyu pose des questions à ses semblables, il interroge les tabous de notre société et des cités. Déjà son premier album pointait le racisme d'où qu'il vienne, y compris de ceux qui en sont victimes (En noir et blanc, "la mixité n'a rien de tragique, le racisme me fatigue"). La chanson "3ème guerre mondiale" raconte ainsi l'histoire de deux hommes, un Sénégalais et un Algérien. Descendants de combattants français contre le nazisme, ils arrivent en France après les indépendances. Sefyu les décrit accomplissant les tâches les moins gratifiantes. Mais il dénonce aussi le racisme intercommunautaire qui les empêche de vivre côte à côte, comme le font leurs enfants. En apprendre plus sur cette chanson sur l'histgeobox.

Découvrez Sefyu!


Le rap de Sefyu réussit ce pari d'être à la fois subversif et responsable. Il est en effet pleinement conscient de l'effet de sa musique sur les plus jeunes. Comme il l'affirme :"C'est vrai que dans le rap, le risque c'est que tout soit pris au premier degré." Comme lorsqu'il utilise le bruit d'un chargeur dans la chanson "Au pays du Zahef", mais c'est surtout pour mettre en garde. La chanson "Mon journal" invite à un regard critique sur les médias, et pas seulement Le Figaro...
Sur le plan formel, Sefyu ponctue toujours ses chansons de nombreuses interjections dont il a le secret. Sa voix, rocailleuse à souhait, ne permet pas toujours de comprendre les paroles, mais est très efficace. Comme dirait Stéphanie Binet de Libé, on dirait qu'il a un cactus dans la gorge.

Il y aurait des milliers de choses à dire sur chacune de ses chansons qui sont une plongée dans son univers. Le mieux , c'est encore de l'écouter. Alors voici en cadeau la playlist des chansons de l'Album, courrez ensuite l'acheter et donnez-moi votre avis :


Découvrez Sefyu!




Sefyu est un ancien footballeur (il a joué au Red Star comme ailier gauche et a même fait un essai à Arsenal). Voici la chanson "Molotov 4" enregistrée au Ribéry Show (elle sonne un peu mieux sur l'album...) :




mercredi 11 juin 2008

Des chansons contre la haine (2) années 2000

[carte du vote Le Pen en 2002, atlas-historique.net]

Entre le début des années 1980 et la fin des années 1990, le Front National est passé de l'anonymat relatif à l'exposition médiatique, savamment orchestrée par quelques allusions à son électorat et des jeux de mots toujours douteux (du "détail" au "Durafour crématoire"...).

Sur le plan électoral, le Front National ne cesse de progresser également, notamment lors des scrutins présidentiels. Jean-Marie Le Pen obtient 14,4% des voix en 1988, 15% en 1995 et surtout 16,86% en 2002, ce qui lui permet d'accéder au second tour alors que le FN était donné comme moribond peu de temps avant. Même si le vieux leader de l'extrême droite ne réitère pas cette percée en 2007 (10,44%), ses idées n'ont pas disparu, comme en témoignent les enquêtes régulières sur le racisme.

Comme dans les années précédentes, les artistes poursuivent, par leurs chansons, la dénonciation de ces idées. On retrouve en particulier beaucoup de rappeurs (IAM, Disiz la peste) mais aussi d'autres styles (Daho, Ridan). Voici donc la Playlist des chansons des années 2000 qui "emmerdent" le FN :

free music


[source : Baptiste Vignol, Cette chanson qui emmerde le Front National, publié chez Tournon en 2007]

mercredi 4 juin 2008

Des chansons contre la haine (1) années 1980 et 1990


Parallèlement à l'ascension du Front National, les artistes ont dénoncé la haine véhiculée par les discours du parti d'extrême droite et de son chef Jean-Marie Le Pen. De nombreuses chansons ont donc été écrites, je vous propose d'en découvrir ou redécouvrir certaines.

Le Front National est créé en 1972, rassemblant progressivement les différentes familles de l'extrême droite française. Mais ce n'est qu'à partir du début des années 1980 que le FN réalise une percée électorale, lors des municipales de 1983 et des européennes de 1984.

Toutes ces chansons n'évoquent pas directement le FN, mais toutes dénoncent ses idées et le racisme.

Voici donc dans cette première playlist quelques unes des chansons écrites dans les années 1980 et 1990, la semaine prochaine, la playlist des années 2000. Retrouvez ici la liste complète des chansons.

free music



Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ces chansons et leur contexte, je vous recommande le remarquable livre de Baptiste Vignol, Cette chanson qui emmmerde le Front National, publié chez Tournon en 2007. C'est ma source principale pour ces playlists. Voyez un compte-rendu de ce livre.

vendredi 16 mai 2008

La bande son de 1968 suite.

Country Joe and the fish:" give me a F...."

L'histgeobox poursuit l'exploration de la bande son de l'année 1968 et présente six titres (en écoute) consacrés à cette année cruciale:
- Les affrontements urbains avec le Street Fighting man des Rolling Stones.
- Le refus de la guerre du Vietnam pour Country Joe and the fish et
- Un hommage à Martin Luther King assassiné le 4 avril de cette année-là par Nina Simone.
- Deux titres de Dominique Grange sur le mai 68 français: "A bas l'Etat policier"; "Grève illimitée".
- Le détournement du "Paris s'éveille" de Dutronc par Jacques Le Glou. Son "il est cinq heures" célèbre les affrontements du mai parisien.
- Le "Say it loud" de James Brown devient un hymne au sein de la communauté noire américaine.

Pour lire ces articles, cliquez ici.

jeudi 14 février 2008

chansons anti-guerre du Vietnam.


Manifestation de protestation contre la guerre du Vietnam.


En 1968, quatre ans après le déclenchement de l’escalade américaine au Vietnam, de grandes manifestations anti-guerre parcouraient les Etats-Unis. Une manifestation rassemble 250 000 Américains à Washington le 20 novembre 1969 et même un demi million de personnes le 3 mai 1971. Parmi ces manifestants, on trouve de nombreux hippies.

free music


Ce mouvement, qui apparaît dans la seconde partie des années soixante sur la côte ouest des Etats-Unis, se développe dans ce contexte de contestation et de refus de l’ordre établi. Les manifestations contre la guerre du Vietnam rassemblent une partie de la jeunesse. Cette génération née au lendemain de la seconde guerre mondiale entend fuir la société de consommation, refuse la soumission au pouvoir en place. Elle se ressource dans les valeurs écologistes et égalitaires, souvent issues des philosophies orientales.

free music


Quand ils ne militent pas activement et directement pour faire cesser le conflit au Vietnam. La plupart de ces jeunes prônent simplement la paix, l’amour du prochain (« peace and love ») et aspirent à un monde plus juste.

La musique fut l'un des vecteurs privilégiés de cette révolte, principalement la musique rock. Certains chanteurs prirent ouvertement position contre le conflit.
Dès 1964, le Lyndon Johnson told to the nation de Tom Paxton dénonce l'ambigüité du discours du président américain, à l'origine de l'engagement de son pays dans le conflit.

J'ai reçu une lettre de L.B.J. / elle disait que c'est un jour de chance / il est temps que tu mettes tes pantalons kaki / bien que cela puisse paraître très étrange / on n'a pas de travail pour toi ici / alors on t'envoie au Vietnam / Lyndon Jhonson a dit au pays: / "n'ayez pas peur de l'escalade / j'essaie de faire plaisir à tout le monde / bien que ce ne soit pas vraiment la guerre / on en envoie 50 000 en plus / pour aider à sauver le vietnam des Vietnamiens"

L'attaque est frontale à un moment où les libéraux ménagent Johnson en raison de sa lutte contre la pauvreté. Quelques années plus tard, Paxton récidive avec Talking Vietnam potluck blues, peinture cruelle d'une armée en déroute, dont les soldats ne trouvent de réconfort que dans la consommation de drogues.



Hendrix lors du festival de Woodstock, en août 1969.

free music


Ainsi, le prodige de la guitare qu’est Jimi Hendrix revisite et « maltraite » à sa manière l’hymne américain (« The Star Spangled Banner »), afin de protester contre ce conflit sanglant, lors de sa prestation à Woodstock, en août 1969. Le son qui sort de sa guitare, saturé, strident, n’est pas sans rappeler les explosions et bombardements d’une guerre.
D'autres titres d'Hendrix évoquent le Vietnam. All along the watchtower empruntée à Dylan, sort juste après l'offensive du Têt, en 1968. Le tableau apocalyptique dressé (inspiré du livre d'Isaïe), les références à la souffrance, à l'évasion et le son stupéfiant qui sort de la guitare valent une grande popularité au titre auprès des troupes. Sur scène, Hendrix prend aussi l'habitude de dédicacer son Machine gun à ceux qui luttent "au Vietnam ou à Berkeley".

The letter interprétée par les Box tops en 1967, évoque le retour des soldats au pays après les rudes combats. Son succès est immédiat chez les combattants:" Donnez-moi un ticket d'avion [...]/ je rentre chez moi, car mon amour m'a écrit une lettre".

free music




Dans le même état d'esprit, les Fugs manie l'humour noir dans leur fougeux Kill for peace, qui se termine dans un fracas d'obus et de balle:

Si tu n'aimes pas leurs manières / ou la façon dont ils marchent / tue tue tue pour la paix (2x) [...]
Si tu leur laisses la vie sauve / ils pourraient soutenir les Russes [...] / tue tue tue pour la paix
Mitraille ces connards de niakoués / le seul niakoué / auquel un Américain puisse faire confiance / et celui dont la tête jaune / a été dégommée / tue tue tue pour la paix.

Toujours à Woodstock, le groupe Country Joe and the Fish interprète « I feel like I’m fixin to die rag », chanson phare de la protestation contre la guerre. En introduction de la chanson, il fait scander "Fuck " à la foule en guise de condamnation de ce stupide conflit. La chanson dénonce l’absurdité de la guerre, l’envoi d’innocents à l’abattoir:
rappliquez, vous les grands gaillards / oncle Sam a besoin de votre aide / il est dans un sacré pétrin / tout là-bas au Vietnam / alors laissez tomber vos livres / et prenez un fusil / on va vraiment bien se marrer

(« Sent your sons off before it's too late / To have your boy come home in box » = « dites au revoir à vos fils avant qu’il ne soit trop tard / avant qu’ils ne reviennent d’en une boîte »).

free music




Country Joe and the fish.

L'infatigable Pete Seeger adapte au conflit vietnamien son Waist deep in the big muddy ("embourbé jusqu'au cou"), initialement consacré à la seconde guerre mondiale. Il y narre l'absurdité d'un capitaine qui conduit ses hommes à l'abattoir, en l'occurence des sables mouvants. L'allusion au "grand crétin qui dit qu'il faut continuer" est limpide, elle vise Johnson et entraîne donc une censure implacable du titre.
Il milite encore pour le retrait des toupes américaines avec la chanson If you love your Uncle Sam (bring them home) ("si tu aimes ton oncle Sam, ramène-les à la maison"). Sans verser dans le pacifisme béat, il affirme: "Je ne suis pas vraiment pacifiste, [...]/ si une armée envahissait mon pays / tu me verrais au front".

Le 7 o'clock silent night de simon and Garfunkel dénonce avec subtilité les violences sans fins qu'engendre la guerre. Une voix de speaker égrène les informations toutes plus sinistres les unes que les autres et termine son journal par une citation d'un Nixon péremptoire: "L'opposition à la guerre dans ce pays est la plus grande arme oeuvrant contre les Etats-Unis". Aussitôt, les deux bardes entonnent la berceuse "douce nuit", dont la beauté paisible tranche avec la brutalité des messages précédents.

free music



un étudiant abbatu sur le campus de l'université de Kent.

Le célèbre chanteur canadien Neil Young, quant à lui, revient dans son titre « Ohio » sur le massacre de 4 étudiants tués par la garde nationale, le 4 mai 1970, sur le campus de l’université de Kent (Ohio), alors qu’ils manifestaient contre l’envoi de soldats dans le sud-est asiatique.

free music


Arlo Guthrie, fils du barde contestataire Woody Guthrie, compte l’histoire d’un jeune homme qui parvient à échapper à la guerre en se faisant condamner pour vandalisme dans son "Alice's restaurant".

Dans leur titre « Fortunate son » (1969), le Creedence Clearwater Revival dénonce ces « fils privilégiés » exemptés de service militaire (et de guerre du Vietnam) grâce à leur statut de fils d'hommes de pouvoir ou de célébrité (l’auteur s’est inspiré du fils Eisenhower).

free music


"Certains types sont nés pour agiter le drapeau / oh, ils sont bleus, blancs et rouges / et l'orchestre joue "vive le chef" / ils pointent le canon sur vous / seigneur, c'est pas, c'est pas moi / je sui pas fils de sénateur / c'est pas moi / je sui pas un chanceux."

free music


Run through the jungle, toujours du Creedence, décrit sans fard la dureté de cette guerre. Un même réalisme frontal entraîne la censure du unknown soldier des Doors ("une balle frappe le devant du casque et c'est fini pour le soldat inconnu").

free music


Les artistes afro américains ne sont pas en reste cependant. Il s'agit du premier conflit au cours duquel les Noirs combattent dans les mêmes unités que les Blancs. De très nombreux Noirs, pourtant majoritairement hostiles à ce conflit, sont envoyés au Vietnam.

De nombreuses voix s'élèvent contre le conflit au Vietnam: Martin L. King dans un discours de 1967, Mohammed Ali qui refuse de servir au Vietnam en 1967, devient objecteur de conscience. Il lance: " ils veulent que j'aille au Vietnam pour tuer des Vietcongs, alors qu'eux, ne m'ont jamais lynché, jamais traité de nègre, n'ont jamais assassiné mes leaders". Malcolm X, quant à lui, s'étonne de voir " l’homme jaune tué par l’homme noir se battant pour l’homme blanc".

Il n'est donc pas surprenant que cette guerre "inspire" la musique noire américaine. Dans son blues "I don't wanna go to Vietnam", John Lee Hooker chante:"Lord have mercy, Lord have mercy, don't let me go to Vietnam/I have my wife and my family, I don't wanna go to Vietnam/We got so much trouble at home, we don't need to go to Vietnam/Yeah yeah there's a whole lot of trouble right here at home, don't need to go to Vietnam".
J.B. Lenoir rédige un vibrant plaidoyer contre la guerre avec son Vietnam blues (1965):
Vietnam, Vietnam, tout le monde pleure à propos du Vietnam / d'ici peu ils me tueront là bas au Mississippi / personne ne semble s'en préoccuper / oh mon Dieu, si tu pouvais entendre ma prière / s'il te plaît aide mes frères là bas au Vietnam / ces pauvres garçons qui se battent, tuent, se cachent dans des trous / qui tuent peut-être leurs pauvres frères, ils ne savent pas"

Comme beaucoup d'Afro-américains, Lenoir voit aussi dans cet enlisement au Vietnam, un bon moyen pour faire lanterner les Noirs en pleine lutte pour les droits civiques. M. Luther King, qui soutenait initialement la politique de Johnson, dénonce bientôt sa stratégie belliqueuse et souligne à quel point les sommes engagées pour tuer seraient utiles pour venir en aide aux populations misérables des ghettos.



Côté soul, Edwin Starr entonne son hymne antimilitariste « War » (1970) ; Freda Payne qui enregistre en 1971 un morceau pacifiste au titre explicite : « Bring the boys home », aussitôt banni des ondes par le gouvernement. Bill Withers, dans son "I can't write left handed", revient sur les amputations et blessures provoquées par les combats.

free music




Deux superbes compilations de deep soul retracent le conflit du point de vue des Afro-Américains: "A soldier's sad story_ Vietnam through the eyes of black America 1966-1973" et "Does anybody know i'm here? Vietnam through the eyes of black America 1962-1972" . Sur la première, quelques titres particulièrement réussis peuvent être mentionnés: Marching off the war de William Bell, Soldier's sad story de Tiny Watkins, quintescence de la deep soul sudiste.

Enfin, bien après la fin du conflit, le « Straight to hell » des Clash en 1982 s’intéresse aux enfants nés de l’union de soldats américains et de Vietnamiennes et le sort peu enviable qui est réservé à ceux qui souhaitent se rendre aux Etats-Unis.

free music


N'hésitez pas à me signaler en commentaire le nom d'autres titres qui dénoncent cette guerre. D'avance merci.

Sources principales:
- Yves Delmas et Charles Gancel:"Protest song", Textuel musik, 2005
- Un TPE original et intéressant: "que chantait l'Amérique?" (lors de la guerre du vietnam).

Liens:
- Les principaux concerts du festival de Woodstock (notamment celui d'Hendrix).