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Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !
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mercredi 27 août 2008

Jacques Brel: "Jaurès".

Le grand Jaurès

Professeur de philosophie, journaliste, historien, en 1893, Jean Jaurès devient député de Carmaux (Tarn), cité ouvrière dont il porte les revendications à l'Assemblée nationale en 1893. Rapidement, Jaurès jouit d'une immense popularité. Ce remarquable orateur mène un combat inlassable et passionné contre toutes les grandes injustices. Pour Gilles Candar (spécialiste de l'histoire du socialisme et de Jean Jaurès): "C'est le champion de toutes les causes humaines, capable de s'émouvoir et de se battre contre l'intolérable, qu'il s'agisse des massacres d'Arméniens à la fin du XIXème et au début du XXème siècle ou, ce qui était alors moins fréquent, de Marocains par les troupes françaises, de la misère ouvrières dans les caves d'Armentières, ou encore de la "peine immonde", la guillotine, qui déshonore la démocratie. Le sentiment que Jaurès dépasse de très loin l'horizon politique, qu'il symbolise "un moment de la conscience humaine" explique la popularité, voire le culte dont il fait l'objet."

Lire la suite de l'article et écouter l'hommage de Brel à Jaurès.


mercredi 2 janvier 2008

D'Annunzio à Fiume raconté par David B.

A l'occasion de la sortie du deuxième tome de la trilogie de David B. sur la prise de Fiume par D'Annunzio, voici quelques éclairages sur les évènements qui servent de toile de fond à cette BD.

Qui est Gabriele D'Annunzio ?


Un personnage joue un rôle important avant, pendant et après la guerre, c'est Gabriele D'Annunzio. Poète et écrivain renommé, il milite pour l'entrée en guerre du côté de l'entente. Engagé volontaire dans l'aviation pendant la guerre, il réalise le 9 août 1918 un vol de 1000 km vers Vienne où il largue des tracts comme celui reproduit ci-dessous [photo E.A., Rome, Musée du Risorgimento] et dont vous pouvez lire la traduction.


« Viennois !
Apprenez à connaître les Italiens. Nous volons au-dessus de Vienne, nous pourrions larguer des tonnes de bombes. Nous ne vous lançons qu'un salut tricolore : les trois couleurs de la liberté. Nous autres Italiens ne faisons pas la guerre aux enfants, aux vieillards et aux femmes. Nous faisons la guerre à votre gouvernement, ennemi de la liberté des nations, à votre gouvernement aveugle, obstiné et cruel, qui ne parvient à vous donner ni la paix, ni le pain, et vous nourrit de haine et d'illusions. Viennois ! Vous êtes réputés être intelligents. Mais pourquoi donc avez-vous revêtu l'uniforme prussien ? Vous le voyez, désormais tout le monde est contre vous. Vous voulez continuer la guerre ? Continuez-la, c'est votre suicide. Qu'en attendez-vous ? La victoire décisive que promettent les généraux prussiens ? Leur victoire décisive, c'est comme le pain en Ukraine : on meurt en l'attendant. »
Il prend par la suite un tournant nettement nationaliste comme en témoigne son aventure à Fiume.


1919 : Le poète d'Annunzio s'empare de Fiume

La Grande Guerre s'est achevée, beaucoup d'Italiens ont le sentiment d'une "victoire mutilée". Le poète Gabriele d'Annunzio décide de s'emparer de la ville de Fiume en Istrie (Rijeka pour les Slaves), également revendiquée par le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes né sur les cendres de l'Empire Austro-Hongrois. Le 12 septembre 1919, il entre dans la ville et la contrôle. Il en chasse les troupes françaises, britanniques et américaines et propose la ville au Royaume d'Italie qui la refuse. Il crée alors une régence avec une constitution qui, par certains côtés préfigure le fascisme. Un mélange d'anarchistes, de fascistes, de socialistes et d'aventuriers de tous poils le rejoint. C'est dans ce climat fait de violence et de liberté que David B. nous conduit sur les traces de bandes plus ou moins criminelles en quête de biens à récupérer. En lisant Par les chemins noirs, je trouve que l'on saisit bien le climat qui a pu conduire au fascisme. Il réussit à bien rendre compte de cet épisode très original de l'histoire européenne.

Par la suite, D'Annunzio est obligé de quitter la ville attaquée par les troupes italiennes en décembre 1920. La ville est, jusqu'en 1924, le centre de l'Etat libre de Fiume (ou Rijeka) avant d'être annexée par l'Italie fasciste à cette date.

David B., Par les chemins noirs, tome 1 : "Les prologues", Futuropolis, 2007 et tome 2 : "Les Fantômes", 2008


L'extrait



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