Des livres, des films, des émissions, des musiques, de l'art pour apprendre et comprendre le monde

Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !
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vendredi 14 novembre 2008

Fondements et limites du modèle américain avec Norman Rockwell

Un peintre américain du XXème siècle rend bien compte par son art de la force et des limites du modèle américain. Il s'agit de Norman Rockwell (1894-1978). A travers cinq de ses œuvres, plongez dans l'Amérique des années 40 aux années 60.

mercredi 12 novembre 2008

CSN&Y évoquent le massacre d'étudiants à Kent Sate en 1970 : "Ohio"

Le groupe CSN&Y est un groupe de rock et folk formé en 1968. Il associe des musiciens aux styles et aux personnalités assez différentes. La figure la plus connue est le Canadien Neil Young qui poursuit depuis cette date une carrière solo tout en se joignant parfois au groupe. CSN&Y participe au mythique festival de Woodstock en 1969, année de son premier album. Alors qu'ils sont au zénith de leur succès, leur tournée est interrompue pour enregistrer un titre écrit par Neil Young.

4 étudiants viennent d'être tués sur le campus de leur université.

Lire la suite et découvrir la chanson sur l'histgeobox


dimanche 10 août 2008

Jouez avec les chansons du festival de Woodstock (2)

Suite cette semaine de notre jeu pour reconnaître les artistes qui se sont produits lors du festival de Woodstock en 1969.

J. Blottière nous a parlé à plusieurs reprises du festival de Woodstock qui s'est déroulé en août 1969. Dans un premier article, il est revenu sur le contexte du concert, avant d'évoquer dans un deuxième article les artistes et leurs chansons.


A vous de jouer !



dimanche 3 août 2008

Jouez avec les chansons du festival de Woodstock (1)


J. Blottière nous a parlé à plusieurs reprises du festival de Woodstock qui s'est déroulé en août 1969. Dans un premier article, il est revenu sur le contexte du concert, avant d'évoquer dans un deuxième article les artistes et leurs chansons.

Nous vous proposons un Blind-test sur les principales chansons de ces trois jours de "paix et de musique". Première partie cette semaine, les artistes du premier jour. La semaine prochaine, deuxième partie du Blind-Test.

A vous de jouer !



samedi 21 juin 2008

Gimme shelter : le cauchemar d'Altamont ce soir sur Arte

Arte reprogramme ce soir à 23h10 le film Gimme Shelter sur le festival d'Altamont en 1969. Nous vous avons déjà parlé de ce concert, le film est très intéressant pour comprendre l'atmosphère un peu désorganisée...

"Le 6 décembre 1969 a lieu le festival d'Altamont (dans la grande balieue de San Francisco), ce doit être l'équivalent de Woodstock pour la côte ouest. Les Rolling Stones constituent la tête d'affiche du festival. Après une tournée américaine réussie, les Stones entendent remercier leur public en lui offrant un concert gratuit."



Découvrez The Rolling Stones!


Suivent un documentaire sur les Stones et la prestation mythique de Jimi Hendrix au festival de Monterey en 1967.



mardi 13 mai 2008

La musique au temps des Black Panthers.




* Les nombreuses émeutes durant toutes les années 1960 soulignent la lenteur de l’amélioration du sort des Afro-américains, de plus en plus sceptiques à l’endroit de la stratégie non-violente de MLK, qui semble dans l’impasse.

Lire la suite de l'article.

lundi 31 mars 2008

Le cauchemar d'Altamont. La fête est finie.




Le 6 décembre 1969 a lieu le festival d'Altamont (dans la grande balieue de San Francisco), ce doit être l'équivalent de Woodstock pour la côte ouest. Les Rolling Stones constituent la tête d'affiche du festival. Après une tournée américaine réussie, les Stones entendent remercier leur public en lui offrant un concert gratuit.

jeudi 20 mars 2008

le festival de Woodstock: retour sur les principaux concerts (deuxième partie).


Un des concerts de Woodstock, Bethel, août 1969.


A la différence du festival de Monterey en 1967, l'idéal de gratuité n'est plus. L'industrie musicale, ainsi que les artistes, ont vite saisi l'intérêt de tels rassemblement. Aussi, les cachets touchés par quelques têtes d'affiches atteignent des sommes rondelettes. Hendrix, empoche 18 000 dollars, Joplin 7500. Les groupes moins connus en revanche sont loin de toucher de telles sommes. Santana ou Ten Years After sont loin des 1000 dollars.

Quelques grands absents peuvent être relevés (Stones trop violents au goût des organisateurs; Beatles qui ne tournent plus; Dylan, qui n'a que mépris pour les hippies, se remet lentement d'un accident de moto; Jim Morrisson, le leader des Doors, craint pour sa vie ...), le festival rassemble néanmoins du beau monde: le meilleur de la scène californienne, ainsi que certaines éloiles montantes de la scène musicale internationale.

Tout au long des trois jours du festival, 32 artistes se succèdent sur scène lors de ces trois jours:

LIRE LA SUITE DE L'ARTICLE.

vendredi 14 mars 2008

Le festival de Woodstock. Première partie.



Les 15, 16 et 17 août 1969, plus de 500 000 individus participent au festival musical de Woodstock.

mercredi 12 mars 2008

Chagrin dans le ciel : La Corée des années soixante

Un livre a bouleversé la Corée du Sud dans les années 1960, il s'agit du journal intime de Lee Youn-bok : Chagrin dans le ciel. Il a alors 10 ans et tente de survivre dans la misère. Ce journal, déjà mis en film, a fait l'objet d'un manhwa par Lee Hee-jae en 1990.

mardi 11 mars 2008

Why the king of love is dead?

L’assassinat du dr King suscite une immense émotion dans tout le pays. Le président Johnson déclare le 7 avril jour de deuil national. Le 9, plus de 100 000 personnes assistent aux funérailles de King à Atlanta, tandis que près de 120 millions de téléspectateurs regardent la retransmission télévisée de la cérémonie funèbre.


la dépouille de King lors de ses funérailles.

Lire la suite ici

dimanche 9 mars 2008

L'année 68 au Japon : Les vents de la colère

Japon, fin des années 1960, deux fils d'un ancien officier de l'armée japonaise connaissent des destins différents. L'ainé, Mitsutaka, suit la ligne tracée par son père et devient un brillant militaire. Le cadet, Gen, goûte peu l'atmosphère martiale qui règne à la maison et décide de quitter la famille. Il est alors confronté, dans son désir d'indépendance et sa soif d'idéal, aux problèmes de son époque.



samedi 8 mars 2008

Martin Luther King: une lutte en musique.


Marian Anderson et le président Johnson en 1963.

Tout au long de ses combats, MLK sait pouvoir compter sur les milieux artistiques, notamment les musiciens et les chanteurs. C'est le cas en 1963 avec la marche pacifique sur Washington, conçue autour de deux objectifs principaux: les droits civiques et la garantie d'un accès équitable à l'emploi pour les Noirs.

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lundi 25 février 2008

Les déserteurs du Vietnam


Dans l'émission les mercredis de l'histoire sur Arte cette semaine, un documentaire est consacré aux déserteurs pendant la guerre du Vietnam :

"La guerre du Viêt-nam a été contestée, au sein même de l'armée américaine, par des milliers de soldats. Histoire d'un mouvement oublié, par la voix de quelques-uns de ces vétérans insoumis."

Pour en savoir plus sur ce programme diffusé mercredi 27 à 21h50, vous pouvez allez sur le site de l'émission.
Retrouvez l'article de J. Blottière sur les chansons anti-guerre.

samedi 23 février 2008

juin 1967: le festival de Monterey et l'apogée du rock psychédélique.



Jimi Hendrix immole sa guitare lors de son concert à Monterey.

Depuis 1965, le quartier d’Haight-Ashbury à San Francisco est devenu un centre d’attraction essentiel. Des milliers de jeunes américains, en rupture avec les valeurs de leurs parents, affluent dans ce quartier. Ils rejettent la société consumériste qui domine dans tous les pays capitalistes, dénoncent l’impérialisme américain, à commencer par l’intervention au Vietnam, de plus en plus massive. Ils aspirent à d’autres choses et veulent connaître de nouveaux horizons. A ce titre, les voyages sont célébrés :


* voyages vers l’Asie, dont les civilisations et les valeurs spirituelles ancestrales fascinent. Nombreux sont les jeunes occidentaux à tenter le voyage en Inde ou au Népal. En 1968, les Beatles se rendent en Inde afin d'apprendre la méditation transcendantale auprès du Maharishi Mahesh Yogi.


* voyages intérieurs aussi grâce à la consommation de substances hallucinogènes capables d’altérer la conscience et les perceptions, notamment le LSD. Le message est clair, « everybody must get stoned » (« tout le monde doit se défoncer ») comme l’ordonne Dylan. De fait, lors des rassemblements de hippies, une grande partie de l’assistance se trouve sous LSD (trip).



Affiche du festival.

* voyages sonores enfin. Le rock psychédélisme ambitionne, à son tour, de faire planer l’auditoire en utilisant toutes les possibilités offertes par l’électrification des instruments, mais en recourant aussi aux jeux d’ombres et de lumières sur scène (light show). Le bien nommé acid rock, en plein essor, se caractérise ainsi par :

- la longueur des morceaux, qui s’affranchissent du cadre étriqué de la chanson rock standard, qui excède rarement les trois minutes (en lien aussi avec le format 45 tours). Les titres du Grateful Dead, par exemple, s’épanouissent souvent au-delà des vingt minutes, particulièrement sur scène où ils se lancent dans de riches improvisations.



George Harrison et Ravi Shankar.

- l’utilisation d’instruments rares ou exotiques : sitars et tablas indiens (le guitariste des Beatles George Harrison fait de nombreux émules en utilisant le sitar dont il apprend à jouer auprès de Ravi Shankar), cruche utilisée par le Thirteen Floor Elevators.

- saturation des instruments, qui permet l’altération des sons, la distorsion, recours à la pédale wah wah ou au fuzz. La perception des notes est modifiée comme la conscience lors d’un trip. Tout ce tient… Hendrix utilise constamment ces procédés afin de produire des sons évocateurs (son morceau Machine gun où on croit entendre des crépitements d’armes).




Grace Slick et Janis Joplin.


Les « enfants fleurs » se réunissent bientôt pour écouter les groupes d’acid rock. En janvier 1967, 30 000 spectateurs protestent dans le Golden Gate Park de San Francisco contre la récente interdiction du LSD et écoutent à cette occasion Janis Joplin, Grateful Dead ou encore le Quicksilver Messenger Service. Lors de ces « Human be-in », les participants doivent se libérer et repousser toute forme d’inhibition (amour libre, consommation de drogues et de produits macrobiotiques).


Le festival pop de Monterey, en juin 1967, constitue le premier véritable festival de musique tel qu’on les conçoit aujourd’hui avec une billetterie, la vente de produits dérivés (alimentation macrobiotique à l’époque, achat de fripes) et la succession des groupes sur scène.



Pour les observateurs de l’époque, deux ans avant Woodstock, ce festival de Monterey s’avère bien supérieur musicalement au premier, malgré une notoriété moindre. Pendant trois jours, du 16 au 18 juin 1967, il réunit 40 000 personnes dans un champ à 180 km au sud de San Francisco. Les images de Pennebaker, qui filme le festival, révèlent une atmosphère bon enfant entre les participants, souvent défoncés à l’acide.


Le producteur et un des membres du groupe californien des Mama’s and the Papa’s sont à l’origine du projet, organisé pour aider des associations caritatives. Il n’en coûte qu’un dollar pour écouter de la musique debout. L’affiche rassemble de nombreux groupes phares du moment : les Mama’s and the Papa’s bien sûr ; les folkeux Simon and Garfunkel ; le sitariste indien Ravi Shankar, seul musicien payé, qui demande à une assistance médusée de ne pas fumer pendant ses 3heures de raga ; les Who qui fracassent leurs instruments sur scène au grand dam du public ; le Canned Heat et les Byrds, tous deux dans un jour sans ; Scott Mckenzie, auteur de l’hymne hippie « San Francisco ».

Jefferson Airplane - Today (Monterey 1967)
Vidéo envoyée par baltanar


Le Jefferson Airplane à Monterey.

Surtout, le festival consacre le triomphe du Frisco sound, la scène rock psychédélique de San Francisco en plein essor, avec la présence de quatre groupes phares :

- Country Joe and the Fish menés par le “hippie rouge” Country Joe. Ce provocateur né, qui fait scander FUCK aux foules présentes à Woodstock, afin de protester contre l’envoi toujours plus massif de GI’s au Vietnam, doit son surnom à Joseph Staline. En effet, les Américains surnommait ce dernier "country Joe" durant la seconde guerre mondiale. Il milite très tôt dans les milieux contestataires de Berkeley et Oakland. On lui doit une des chansons les plus caustiques sur la guerre du Vietnam: "I feel like i'm fixin' to die rag".

- Le Grateful Dead (« Le mort reconnaissant ») de Jerry Garcia qui se lance dans des improvisations planantes qui subjuguent l’auditoire. Groupe emblématique de cette période qui est de tous les grands festivals, dans lesquels il joue généralement gratuitement et presque toujours dans un état second.

- Le Jefferson Airplane (le nom désigne des allumettes en carton destinées à allumer des joints), auteur d’un White rabbit d’anthologie, compte rendu musical d’un trip digne d’ « Alice au pays des merveilles » de Carroll. Tandis que Somebody to love reste un de leurs plus grands succès.

La chanteuse du groupe, Grace Slick, s'impose rapidement comme la figure clef de la bande. Engagée, elle se noircit le visage pour marquer son soutien aux Noirs du sud des EU toujours victimes de discriminations. Provocatrice, elle n'hésite pas à chanter torse nu et à proférer des obscénités sur scène, comportements inadmissibles dans une Amérique toujours très puritaine.

Lors du festival, elle crève l'écran. Pennebaker, le réalisateur du film sur le festival, braque presque exclusivement sa caméra sur Slick, ce qui suscite des tensions ausein du groupe.
Quoi qu'il en soit, l'Airplane reste incontestablement un groupe phare du Frisco sound.

Janis Joplin - Ball and Chain
Vidéo envoyée par Funkadelika


Le ball and chain déchirant de Janis Joplin à Monterey.

- Enfin, le Big Brother and the Holding company mené par Janis Joplin, une jeune texane écorchée vive qui hurle le blues et entre en communion avec le public auquel elle se livre totalement, comme l’atteste le Ball and Chain d’exception qu’elle interprète à Monterey. La prestation de Joplin représente un des sommets du rassemblement.

L'audience du Big Brother et de sa chanteuse reste plutôt confidentiel. Ils ne font pas partie des stars et ne sont programmés le samedi après-midi. Le concert remporte un immense succès et le groupe se voit proposer un second concert, le dimanche soir, en clôture du festival. C'est ce concert qui est filmé par Pennebaker. Moins réussi que le précédent, il prouve cependant à quel point Janis constitue la clef de voûte de la formation.
Sur scène, elle donne le meilleur d'elle même sur scène. Complètement libérée, elle se livre totalement au public, s'abandonne à lui.


Hendrix à Monterey - sacrifice de la guitare
Vidéo envoyée par nikkojazz


Hendrix dans ses oeuvres: wild thing en l'occurence..

Deux autres quasi-inconnus (en tout cas pour un public blanc californien) sont consacrés à Monterey.

- Jimie Hendrix, un guitariste originaire de Seattle, est parfait inconnu dans son pays. Brian Jones des rolling stones l'introduit sur scène par ces mots: "le guitariste le plus excitant que j'aie jamais vu.

D'emblée, il livre une leçon de guitare. Sa présence magnétique captive le public. Il tire de sa guitare des sons inconnus jusqu'alors, maîtrisant distorsions et larsens. Il joue au dessus de sa tête, dans son dos, avec ses dents et ermine son show en embrasant sa guitare stratocaster, avant de la fracasser. Le public, médusé, se souviendra longtemps de ce concert inouï.

- Otis Redding, l'immense soulman de l'écurie STAX de Memphis, livre un concert remarquable, dont l’énergie se communique à un public déchaîné, peu habitué aux sonorités chaudes de la soul sudiste. Après cette prestation Redding pense avoir conquis ce public blanc qui le boudait jusque là. De fait, il remportera un immense succès avec son Sittin on the dock of the bay, mais un succès posthume, puisqu'il trouve la mort avec son groupe, les Bar-Kays, dans un accident d'avion.

Otis Redding - Shake à monterey
Vidéo envoyée par moriganne


Big O, une des trois grandes révélations du festival.

Au bout du compte, le festival est une grande réussite en plein Summer of love. Succès commercial, artistique, le festival ouvre une longue série d'autres rassemblements musicaux. Il place sur la carte du rock deux figures centrales qui accèdent au rang de mythe: Janis Joplin et Jimie Hendrix. Les excès et le désenchantement n'ont pas encore atteint le mouvement qui se délitera deux ans plus tard.



Sources:- La série Summer of love dans les archives du Monde 2, notamment le troisième épisode consacré au festival de Monterey (le Monde daté du 14 juillet 2007).
- Le formidable "Protest song_ la chanson protestataire dans l'Amérique des Sixties" d'Yves Delmas et Charles Gancel, éditions Textuel, 2005.

jeudi 21 février 2008

Hippies et summer of love.


Hippies lors du festival de Woodstock.

Le mouvement hippie se développe approximativement de 1965 à 1969. Ces jeunes sont les héritiers de la beat generation, un mouvement en révolte contre le système et la société de consommation américaine des années 1950. D’ailleurs le livre de Jack Kerouac « Sur la route » devient le livre culte pour toute une génération en rupture avec l’idéologie dominante. La jeunesse s’identifie alors à la vie de bohème et prend la route. Les hippies doivent ainsi beaucoup à ces beatniks.


Les hippies veulent rompre avec la société et leurs familles. Nés au lendemain de la guerre et souvent issus des classes moyennes et aisées, les hippies rejettent ainsi les valeurs de leurs parents.

* Que souhaitent-ils ?

S’ils ne parviennent pas à changer la société, ils souhaitent en tout cas s’en échapper. Ils veulent bâtir un monde nouveau fondé sur les valeurs d’amour, de paix et de partage.


Make love, not war.

- Ils multiplient les manifestations contre la guerre du Vietnam et ne jurent que par la non-violence. L’ère du « Flower power » est ouverte, les armes doivent céder la place aux fleurs, dans un monde redevenu pacifique.


Groupe de hippies en pleine méditation

- Ils vivent en communautés, souvent dirigées par un mentor ou gourou, et s’adonnent à la méditation, ils opposent l’expérience spirituelle au matérialisme. Les philosophies ou religions orientales (bouddhisme, zen, mantra, yoga) sont alors en vogue. L’Orient fascine, car il serait porteur de sagesse et d’une vraie spiritualité, aussi des milliers de jeunes se rendent alors en Inde ou au Népal (route de la drogue).

Les hippies souhaitent engager une vraie libération sexuelle.

- Pour les hippies, la sexualité doit s’affranchir de la morale puritaine. La notion de péché est mise au placard. Le sexe, débarrassé de ses entraves, devient un mode de communication, d’expression. De fait, on assiste à une vraie libération sexuelle (permise aussi par la diffusion de la pilule). Les hippies se dénudent et sont fiers de leurs corps. La notion de partage vaut aussi en matière sexuelle (Love-in). Cette quête d’une « révolution sexuelle » s’inspire des ouvrages du psychanalyste W. Reich, mais aussi d’H. Marcuse, autre grande figure hédoniste et contestataire, auteur d’ « Eros et civilisation ». Pour eux, seule une sexualité épanouie, jouissive, permet d’échapper aux névroses et au malheur.


Affiche de concert.

* Le psychédélisme est alors la grande affaire de l’époque.
Etymologiquement, le terme signifie « révélateur d’âme ». Le terme psychédélique désigne un état psychique altéré par des hallucinogènes (le LSD par exemple), comportant des hallucinations et une exacerbation des sensations. Tous les moyens permettant d’ouvrir le plus large possible les « portes de la perception » sont les bienvenus : les lumières et couleur, les voyages et surtout les drogues. En effet, la consommation de drogues hallucinogènes facilite le voyage intérieur et ouvre la conscience à des perceptions exacerbées.



Affiche du festival de Woodstock en 1969.

- La musique rock constitue un vecteur privilégié pour ce mouvement hippie. De gigantesques festivals musicaux rassemblent des dizaines de milliers d'Américains venus écouter les groupes phares de l'acid-rock ou rock psychédélique (Monterey, Woodstock, Altamont).


Dessins du génial Crumb.

Le mode de vie prôné par la devise de Timothy Leary, surnommé le pape du LSD (acide lysergique), « Turn on, tune in, Drop out », « Branche toi (aux événements), Accorde-toi (aux vibrations ambiantes), Laisse tout tomber », résume bien les attentes des hippies.

* Le Summer of Love (été 1967), point d’orgue du mouvement.


Affiche ommémorative du Summer of love.


Le mouvement, d’abord très marginal, enfle rapidement et à pour épicentre la côte ouest des Etats-Unis, notamment le quartier d’Aight Ashbury de San Francisco (vite surnommé Hashbury). Courant 1967, des milliers de jeunes convergent vers le quartier. Des jeunes qui fuient leurs maisons, leurs parents et les valeurs de ces derniers, qu’ils jugent étriquées. Ils vivent en communautés, se rassemblent par milliers dans les parcs.



Allen Ginsberg lors d'un Human Be-in.

Ces hippies arborent des tenues bariolées, cheveux longs flottants au vent. Ils se rassemblent par dizaine de milliers dans des Human Be-in, de grands rassemblements festifs et musicaux dans lesquels ils peuvent s’adonner à leurs passions (méditation, amour libre, écologisme, pacifisme, consommation de substances hallucinogènes). Tous entendent libérer leurs esprits des contraintes matérielles qui les étouffent.

Des foules immenses se rassemblent lors des festivals de musique.

Durant tout l'été 1967, lors de grands rassemblements, les jeunes vivent au rythme de la devise "sex, drogs and rock'n'roll". Très vite, la situation se gâte, le quartier n'attire plus seulement les hippies, mais aussi des touristes qui photographient cette faune hirsute. Certains repèrent vite le bon filon et récupèrent ce mouvement hostile au capitalisme triomphant. D’ailleurs en octobre, les hippies organisent l’enterrement du mouvement sur les hauteurs de San Francisco.


L'enterrement symbolique du mouvement hippie.


* La fête est finie.


Charles Manson et sa "family".

Le mouvement se prolonge néanmoins jusqu’en 1969. La pression policière se fait de plus en plus forte. La consommation de LSD devient illégale en octobre 1966, les arrestations se multiplient.

Rapidement la situation se dégrade: l'héroïne remplace l'acide, l'amour libre se transforme parfois en viol collectif et les violences (pas nécessairement liées directement au mouvement) se multiplient. Ainsi, un certain Charles Manson se découvre une vocation de gourou. Il recrute un groupe d'adeptes qui lui obéit aveuglémént. Le 9 août 1969, cette "Mansion family" tue 5 personnes dans une villa d'Hollywood, dont la jeune actrice Sharon Tate, enceinte de 8mois. Au lendemain du massacre, les Californiens se barricadent dans leurs villas.

Lors du concert des Rolling Stones au festival d'Altamont en décembre 1969, un membre des Hell's Angels assassine un Afro-Américain. C'en est fini de l'insouciance des cinq dernières années, la fin des sixties.

Qu'écoutait-on à l'époque?

* De nombreux titres célèbrent les mérites des substances hallucinogènes et décrivent leurs effets sur l'esprit et l'organsime.
- Le Sunshine superman de Donovan et le Good day sunshine des Beatles font référence au LSD autrement appelé Sunshine.

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- Les paroles de Purple haze d'Hendrix évoquent aussi la consommation de drogue:
"une brume mauve dans ma tête / désormais les choses ne sont plus les mêmes / je me comporte bizarrement, mais je ne sais pas pourquoi,/ [...] je ne sais si je monte ou si je redescends / suis-je heureux ou malheureux?"

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- White rabbit du Jefferson Airplane conte l'épopée d'une Alice des temps modernes, en plein trip:
"quand les types sur l'échiquier / se lèvent et te disent où aller / et que tu viens de prendre une sorte de champignon / que ton esprit fonctionne lentement / va demander à Alice / je pense qu'lle saura."

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- Les intiales du Lucy in the sky with diamonds des Beatles font référence au LSD.

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- Enfin, le titre de Dylan, "Everybody must get stoned" (tout le monde doit se défoncer) est suffisamment explicite pour que l'on y revienne.

* Le titre un rien niaiseux de Scott Mckenzie, "San Francisco (be sure to wear some flowers in your hair)", célèbre San Francisco, épicentre du mouvement hippie:
" Si tu vas à San Francisco / prends de soin de porter des fleurs dans tes cheveux / Si tu vas à San Francisco / tu y rencontreras des gens très doux..."

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* Le titre For what it's worth du Buffalo Springfield revient sur la répression des manifestations étudiantes par la police:

"Quelque chose de bizarre se prépare / mais je ne sais pas quoi / il ya untype armé là bas / qui me met en garde / je crois qu'il vaudrait mieux arrêter les enfants /
Eh! C'est quoi ce boucan / tout le monde regarde ce merdier / il y a des lignes de front qui se dessinent / personne n'a raison si tout le monde a tort / les jeunes qui s'expriment rencontrent tant de résistances du passé".

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On peut sans doute y voir une référence au Free speech Movement. De 1964 à 1968 ce mouvement étudiant parti de l'université californienne de Berkeley entend défendre la liberté d'expression des étudiants. Or, les autorités universitaires se montrent souvent réticente aux prises de paroles de la jeunesse contestataire sur les campus. Elle n'hésite pas à solliciter à l'occasion les forces de l'ordre pour faire cesser les manifestations.

Sources:
- La série Summer of love dans les archives du Monde 2 tout au long de l'été 2007.
- Le formidable "Protest song_ la chanson protestataire dans l'Amérique des Sixties" d'Yves Delmas et Charles Gancel, éditions Textuel, 2005.
- André Kaspi:"Etats-Unis 1968. L’année des contestations". Editions Complexe, 1988.
- Howard Zinn:"Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours", Agone, 2002.

Liens:
- La contestation étudiante contre la guerre du Vietnam.
Un travail réalisé par Pascal Knipiler et Jeremy Ferrand (TL) sur le blog de M. Tiboulloy.
- 1967: le festival de Monterey et l’apogée du rock psychédélique sur bricabraque.

jeudi 14 février 2008

chansons anti-guerre du Vietnam.


Manifestation de protestation contre la guerre du Vietnam.


En 1968, quatre ans après le déclenchement de l’escalade américaine au Vietnam, de grandes manifestations anti-guerre parcouraient les Etats-Unis. Une manifestation rassemble 250 000 Américains à Washington le 20 novembre 1969 et même un demi million de personnes le 3 mai 1971. Parmi ces manifestants, on trouve de nombreux hippies.

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Ce mouvement, qui apparaît dans la seconde partie des années soixante sur la côte ouest des Etats-Unis, se développe dans ce contexte de contestation et de refus de l’ordre établi. Les manifestations contre la guerre du Vietnam rassemblent une partie de la jeunesse. Cette génération née au lendemain de la seconde guerre mondiale entend fuir la société de consommation, refuse la soumission au pouvoir en place. Elle se ressource dans les valeurs écologistes et égalitaires, souvent issues des philosophies orientales.

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Quand ils ne militent pas activement et directement pour faire cesser le conflit au Vietnam. La plupart de ces jeunes prônent simplement la paix, l’amour du prochain (« peace and love ») et aspirent à un monde plus juste.

La musique fut l'un des vecteurs privilégiés de cette révolte, principalement la musique rock. Certains chanteurs prirent ouvertement position contre le conflit.
Dès 1964, le Lyndon Johnson told to the nation de Tom Paxton dénonce l'ambigüité du discours du président américain, à l'origine de l'engagement de son pays dans le conflit.

J'ai reçu une lettre de L.B.J. / elle disait que c'est un jour de chance / il est temps que tu mettes tes pantalons kaki / bien que cela puisse paraître très étrange / on n'a pas de travail pour toi ici / alors on t'envoie au Vietnam / Lyndon Jhonson a dit au pays: / "n'ayez pas peur de l'escalade / j'essaie de faire plaisir à tout le monde / bien que ce ne soit pas vraiment la guerre / on en envoie 50 000 en plus / pour aider à sauver le vietnam des Vietnamiens"

L'attaque est frontale à un moment où les libéraux ménagent Johnson en raison de sa lutte contre la pauvreté. Quelques années plus tard, Paxton récidive avec Talking Vietnam potluck blues, peinture cruelle d'une armée en déroute, dont les soldats ne trouvent de réconfort que dans la consommation de drogues.



Hendrix lors du festival de Woodstock, en août 1969.

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Ainsi, le prodige de la guitare qu’est Jimi Hendrix revisite et « maltraite » à sa manière l’hymne américain (« The Star Spangled Banner »), afin de protester contre ce conflit sanglant, lors de sa prestation à Woodstock, en août 1969. Le son qui sort de sa guitare, saturé, strident, n’est pas sans rappeler les explosions et bombardements d’une guerre.
D'autres titres d'Hendrix évoquent le Vietnam. All along the watchtower empruntée à Dylan, sort juste après l'offensive du Têt, en 1968. Le tableau apocalyptique dressé (inspiré du livre d'Isaïe), les références à la souffrance, à l'évasion et le son stupéfiant qui sort de la guitare valent une grande popularité au titre auprès des troupes. Sur scène, Hendrix prend aussi l'habitude de dédicacer son Machine gun à ceux qui luttent "au Vietnam ou à Berkeley".

The letter interprétée par les Box tops en 1967, évoque le retour des soldats au pays après les rudes combats. Son succès est immédiat chez les combattants:" Donnez-moi un ticket d'avion [...]/ je rentre chez moi, car mon amour m'a écrit une lettre".

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Dans le même état d'esprit, les Fugs manie l'humour noir dans leur fougeux Kill for peace, qui se termine dans un fracas d'obus et de balle:

Si tu n'aimes pas leurs manières / ou la façon dont ils marchent / tue tue tue pour la paix (2x) [...]
Si tu leur laisses la vie sauve / ils pourraient soutenir les Russes [...] / tue tue tue pour la paix
Mitraille ces connards de niakoués / le seul niakoué / auquel un Américain puisse faire confiance / et celui dont la tête jaune / a été dégommée / tue tue tue pour la paix.

Toujours à Woodstock, le groupe Country Joe and the Fish interprète « I feel like I’m fixin to die rag », chanson phare de la protestation contre la guerre. En introduction de la chanson, il fait scander "Fuck " à la foule en guise de condamnation de ce stupide conflit. La chanson dénonce l’absurdité de la guerre, l’envoi d’innocents à l’abattoir:
rappliquez, vous les grands gaillards / oncle Sam a besoin de votre aide / il est dans un sacré pétrin / tout là-bas au Vietnam / alors laissez tomber vos livres / et prenez un fusil / on va vraiment bien se marrer

(« Sent your sons off before it's too late / To have your boy come home in box » = « dites au revoir à vos fils avant qu’il ne soit trop tard / avant qu’ils ne reviennent d’en une boîte »).

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Country Joe and the fish.

L'infatigable Pete Seeger adapte au conflit vietnamien son Waist deep in the big muddy ("embourbé jusqu'au cou"), initialement consacré à la seconde guerre mondiale. Il y narre l'absurdité d'un capitaine qui conduit ses hommes à l'abattoir, en l'occurence des sables mouvants. L'allusion au "grand crétin qui dit qu'il faut continuer" est limpide, elle vise Johnson et entraîne donc une censure implacable du titre.
Il milite encore pour le retrait des toupes américaines avec la chanson If you love your Uncle Sam (bring them home) ("si tu aimes ton oncle Sam, ramène-les à la maison"). Sans verser dans le pacifisme béat, il affirme: "Je ne suis pas vraiment pacifiste, [...]/ si une armée envahissait mon pays / tu me verrais au front".

Le 7 o'clock silent night de simon and Garfunkel dénonce avec subtilité les violences sans fins qu'engendre la guerre. Une voix de speaker égrène les informations toutes plus sinistres les unes que les autres et termine son journal par une citation d'un Nixon péremptoire: "L'opposition à la guerre dans ce pays est la plus grande arme oeuvrant contre les Etats-Unis". Aussitôt, les deux bardes entonnent la berceuse "douce nuit", dont la beauté paisible tranche avec la brutalité des messages précédents.

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un étudiant abbatu sur le campus de l'université de Kent.

Le célèbre chanteur canadien Neil Young, quant à lui, revient dans son titre « Ohio » sur le massacre de 4 étudiants tués par la garde nationale, le 4 mai 1970, sur le campus de l’université de Kent (Ohio), alors qu’ils manifestaient contre l’envoi de soldats dans le sud-est asiatique.

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Arlo Guthrie, fils du barde contestataire Woody Guthrie, compte l’histoire d’un jeune homme qui parvient à échapper à la guerre en se faisant condamner pour vandalisme dans son "Alice's restaurant".

Dans leur titre « Fortunate son » (1969), le Creedence Clearwater Revival dénonce ces « fils privilégiés » exemptés de service militaire (et de guerre du Vietnam) grâce à leur statut de fils d'hommes de pouvoir ou de célébrité (l’auteur s’est inspiré du fils Eisenhower).

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"Certains types sont nés pour agiter le drapeau / oh, ils sont bleus, blancs et rouges / et l'orchestre joue "vive le chef" / ils pointent le canon sur vous / seigneur, c'est pas, c'est pas moi / je sui pas fils de sénateur / c'est pas moi / je sui pas un chanceux."

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Run through the jungle, toujours du Creedence, décrit sans fard la dureté de cette guerre. Un même réalisme frontal entraîne la censure du unknown soldier des Doors ("une balle frappe le devant du casque et c'est fini pour le soldat inconnu").

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Les artistes afro américains ne sont pas en reste cependant. Il s'agit du premier conflit au cours duquel les Noirs combattent dans les mêmes unités que les Blancs. De très nombreux Noirs, pourtant majoritairement hostiles à ce conflit, sont envoyés au Vietnam.

De nombreuses voix s'élèvent contre le conflit au Vietnam: Martin L. King dans un discours de 1967, Mohammed Ali qui refuse de servir au Vietnam en 1967, devient objecteur de conscience. Il lance: " ils veulent que j'aille au Vietnam pour tuer des Vietcongs, alors qu'eux, ne m'ont jamais lynché, jamais traité de nègre, n'ont jamais assassiné mes leaders". Malcolm X, quant à lui, s'étonne de voir " l’homme jaune tué par l’homme noir se battant pour l’homme blanc".

Il n'est donc pas surprenant que cette guerre "inspire" la musique noire américaine. Dans son blues "I don't wanna go to Vietnam", John Lee Hooker chante:"Lord have mercy, Lord have mercy, don't let me go to Vietnam/I have my wife and my family, I don't wanna go to Vietnam/We got so much trouble at home, we don't need to go to Vietnam/Yeah yeah there's a whole lot of trouble right here at home, don't need to go to Vietnam".
J.B. Lenoir rédige un vibrant plaidoyer contre la guerre avec son Vietnam blues (1965):
Vietnam, Vietnam, tout le monde pleure à propos du Vietnam / d'ici peu ils me tueront là bas au Mississippi / personne ne semble s'en préoccuper / oh mon Dieu, si tu pouvais entendre ma prière / s'il te plaît aide mes frères là bas au Vietnam / ces pauvres garçons qui se battent, tuent, se cachent dans des trous / qui tuent peut-être leurs pauvres frères, ils ne savent pas"

Comme beaucoup d'Afro-américains, Lenoir voit aussi dans cet enlisement au Vietnam, un bon moyen pour faire lanterner les Noirs en pleine lutte pour les droits civiques. M. Luther King, qui soutenait initialement la politique de Johnson, dénonce bientôt sa stratégie belliqueuse et souligne à quel point les sommes engagées pour tuer seraient utiles pour venir en aide aux populations misérables des ghettos.



Côté soul, Edwin Starr entonne son hymne antimilitariste « War » (1970) ; Freda Payne qui enregistre en 1971 un morceau pacifiste au titre explicite : « Bring the boys home », aussitôt banni des ondes par le gouvernement. Bill Withers, dans son "I can't write left handed", revient sur les amputations et blessures provoquées par les combats.

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Deux superbes compilations de deep soul retracent le conflit du point de vue des Afro-Américains: "A soldier's sad story_ Vietnam through the eyes of black America 1966-1973" et "Does anybody know i'm here? Vietnam through the eyes of black America 1962-1972" . Sur la première, quelques titres particulièrement réussis peuvent être mentionnés: Marching off the war de William Bell, Soldier's sad story de Tiny Watkins, quintescence de la deep soul sudiste.

Enfin, bien après la fin du conflit, le « Straight to hell » des Clash en 1982 s’intéresse aux enfants nés de l’union de soldats américains et de Vietnamiennes et le sort peu enviable qui est réservé à ceux qui souhaitent se rendre aux Etats-Unis.

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N'hésitez pas à me signaler en commentaire le nom d'autres titres qui dénoncent cette guerre. D'avance merci.

Sources principales:
- Yves Delmas et Charles Gancel:"Protest song", Textuel musik, 2005
- Un TPE original et intéressant: "que chantait l'Amérique?" (lors de la guerre du vietnam).

Liens:
- Les principaux concerts du festival de Woodstock (notamment celui d'Hendrix).