Des livres, des films, des émissions, des musiques, de l'art pour apprendre et comprendre le monde

Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !
Affichage des articles dont le libellé est Seconde guerre mondiale. Afficher tous les articles
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samedi 13 septembre 2008

Le livre du mois : Léon Werth


Léon Werth reste un écrivain injustement méconnu. Son œuvre s'avère pourtant particulièrement riche et variée. Ici, nous nous intéresserons en particulier au journal qu'il rédigea de 1940-1944.

jeudi 11 septembre 2008

Claude Nougaro:"Il y avait une ville" (sur L'Histgeobox).


Hiroshima, trois jour après la bombe.


L'utilisation de l'arme atomique en 1945 provoque un traumatisme moral reste immense. La foi en la science et en le progrès est mise à mal par l'utilisation de cette bombe. De nombreux artistes se sont intéressés à ces bombardements, à l'instar de Claude Nougaro qui décrit, dans sa chanson "Il y avait une ville", une ville dévastée par une explosion nucléaire. Il fait bien sûr référence ici à Hiroshima et Nagasaki.


Lire la suite de l'article et écouter le morceau sur L'Histgeobox.

mardi 9 septembre 2008

Johnny Cash: "The ballad of Ira Hayes."

La fameuse photo (controversée) de Joe Rosenthal qui montre un groupe de soldats américains dressant la bannière étoilée lors de la bataille d'Iwo Jima. Ira Hayes se trouve en dernière position sur le cliché.


Ira Hayes est un Indien Pima d’Arizona, engagé dans les marines en 1942. Au court des derniers mois d'affrontement de la guerre du Pacifique, il fut largué en 1945 sur l’île d’Iwo Jima et parvint avec 5 autres marines à planter le drapeau américain sur le mont Suribachi.

Lire la suite de l'article et écouter le morceau sur L'Histgeobox.




mardi 15 juillet 2008

Bronisław Geremek, un homme du siècle

L'historien et homme politique polonais Bronisław Geremek vient de décéder dans un accident de voiture. Il a joué un rôle important dans l'histoire récente de la Pologne et dans la transition du pays vers la démocratie.
Juif, Geremek connaît le ghetto et voit une partie de sa famille disparaître ("je ne sais pas pourquoi je suis vivant"). Historien reconnu du Moyen Âge, il fréquente la Sorbonne dans les années 50 pour sa thèse sur les marginaux parisiens aux XIVème et XVème siècles. Il fait ensuite partie des intellectuels qui soutiennent le syndicat Solidarnosc au début des années 1980. Après la proclamation de l'Etat de Guerre par Jaruzelski, il fait de la prison. Il participe aux négociations avec le pouvoir qui aboutissent à la transition en 1989 (On le voit ici à gauche du Général Jaruzelski, l'homme aux lunettes noires, on reconnaît également à gauche Tadeusz Mazowiecki qui devient ensuite le premier Premier ministre non-communiste à l'Est et Lech Wałęsa avec la moustache, leader de Solidarnosc qui va devenir Président de la République en 1990).
Il est à plusieurs reprises ministre des Affaires étrangères et député européen au sein du groupe libéral. On se souvient qu'il s'est récemment heurté à la politique de décommunisation menée par les jumeaux conservateurs au pouvoir, les Kaczinski.

Dans l'extrait vidéo ci-dessous, Geremek rend hommage aux insurgés de 1956 en Hongrie. On se souvient que la révolte a démarré en Pologne.



Quelques liens :

Son portrait par Le Monde, un message sur la question de la décommunisation. En savoir plus sur l'insurrection de 1956 en Pologne et en Hongrie. Le site d'Arnaud Léonard qui nous avait parlé de l'année 1968 en Pologne sur l'histoire de la Pologne

[source de la photo]

dimanche 4 mai 2008

Deux films : Just A Kiss et La Ligne Rouge

La semaine télévisuelle est très riche. De nombreux documentaires sont consacrés à des thèmes à votre programme. Je retiens deux films que j'ai personnellement beaucoup aimé :

- Just a kiss (Arte, lundi à 21h) Un film magnifique de Ken Loach sur la difficulté d'être soi et d'aimer malgré les préjugés. C'est la chronique des amours impossibles entre une catholique irlandaise et un musulman d'origine pakistanaise à Glasgow.

- La ligne rouge (F3, jeudi à 20h55) Un film magnifique sur et contre la guerre. A Guadalcanal, en 1942, Japonais et Américains s'affrontent dans un combat sans merci. Terrence Mallick donne la parole à des soldats incarnés par des acteurs remarquables. A voir absolument !

Retrouvez le reste de la sélection télé à droite dans le menu.

lundi 17 mars 2008

La seconde guerre mondiale en chansons n°4.

René Bousquet et ,derrière lui, Darquier de Pellepoix, responsable vichyssois aux affaires juives, auquel le groupe Trust consacre une chanson.


Le dernier volet de la série consacrée à "la seconde guerre mondiale en chansons" est à lire


mardi 4 mars 2008

La seconde guerre mondiale en chansons (françaises) 3.

La chanson française de la seconde moitié du XXème siècle s'est intéressée à de nombreuses reprises à la "France des années noires". Revenons ici sur quelques titres connus qui évoquent différents aspects du conflit et donnent aussi à voir les représentations que l'on s'en ait fait longtemps après les faits. Ce troisième volet revient sur les mémoires de la guerre, notamment la remise en cause du résistancialisme gaullien (l'idée selon laquelle les Français auraient massivement résisté à l'occupant) et la lente prise en compte des spécificités de la Shoah:


Georges Brassens.

* Le mythe résistancialiste mis à mal.

- Georges Brassens: "Les deux oncles" (1964).

"On peut vous l'avouer, maintenant, chers tontons
Vous l'ami les Tommies, vous l'ami des Teutons
Que, de vos vérités, vos contrevérités
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

De vos épurations, vos collaborations
Vos abominations et vos désolations
De vos plats de choucroute et vos tasses de thé
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité"

Ici, Brassens adopte un discours à l'opposé du résistancialisme gaullien qui glorifie la geste résistante de l'ensemble du peuple français. Brassens propose une vision désabusée des engagements du temps de guerre. Il souligne, non sans raison, "que l'on a requiqué dans le ciel de Verdun les étoiles ternies du Maréchal Pétain". Plus loin, il ajoute:"c'en est fini de vos querelles d'Allemands" ou encore "de vos épurations, vos collaborations [...] tout le monde s'en fiche à l'unanimité".
Il condamne ici toute forme d'engagement et renvoie dos à dos celui qui "aimait les Tommies" et celui "qui aimait les Teutons". Son relativisme poussé à l'extrême choque alors une partie de son auditoire.

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- Renaud:"hexagone".


Renaud.

Avec ce titre rageur, Renaud revient sur sa vision, anarchiste, de l'histoire de France. Egrénant les mois d'une année, il dénonce l'apathie des Français, leur bassesse... Quand arrive le mois de juin, il lance:

Ils commémorent au mois de juin / un débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain / qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
ils oublient qu'à l'abri des bombes, / les Francais criaient "Vive Pétain",
qu'ils étaient bien planqués à Londres, / qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin.

Le titre date de 1974 et s'inscrit donc dans la remise en cause de la vulgate résistancialiste qui prend de l'ampleur dans la première moitié des années 1970. Les Français ne furent pas une nation massivement résistante comme le suggérait de Gaulle. Ils furent majoritairement attentistes. Renaud pousse la provocation très loin. A ses yeux, l'exil volontaire du général à Londres s'apparente à une retraite tranquille, le temps que l'orage passe.

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* La mémoire de la Shoah.


Un groupe d'enfants juste après la libération d'Auschwitz
- Jean-Jacques Goldman: "Comme toi".

Elle s'appelait Sarah elle n'avait pas huit ans / Sa vie c'était douceur rêves et nuages blancs
Mais d'autres gens en avaient décidé autrement / Elle avait tes yeux clairs et elle avait ton âge
C'était une petite fille sans histoire et très sage / Mais elle n'est pas née comme toi ici et maintenant

Comme toi comme toi comme toi comme toi
Comme toi comme toi comme toi comme toi ...

free music


C'est ici la chanson d'un père à sa fille, d'un Français d'origine polonaise, qui évoque le destin tragique d'une petite fille, morte dans un camp d'extermination. Il conte ce drame à sa fillette, bien vivante elle. Avant 1939, la Pologne comptait une forte minorité juive de plus de trois millions de personnes. En 1945, cette minorité ne compte plus que 300 000 survivants.
Jean-Jacques Goldman, d'origine juive polonaise lui-même, transcrit dans sa chanson tout l'émotion d'une mémoire douloureuse.

- Maurice Fanon:"la petite juive" (1965).


Le régime de Vichy met en place une législation antisémite.

On nous a fait chanter pour un ordre nouveau
D'étranges Marseillaises de petite vertu
Qui usaient de la France comme d'un rince cul
Et s'envoyaient en l'air aux portes des ghettos

Et je me souviens, la petite juive
On lui a dit viens
Elle était jolie
Elle a fait sa valise
Un baiser de la main
Elle s'appelait Lise
Il n'en reste rien

Maurice Fanon dénonce avec force la politique raciale du régime de Vichy. Le gouvernement de Vichy mène une politique de restriction des droits des Juifs dès son installation, sans que les Allemands n'aient exprimé la moindre demande. En octobre 1940, le premier statut des Juifs est promulgué : les citoyens juifs français sont exclus de la fonction publique, de l'armée, de l'enseignement, de la presse, de la radio et du cinéma.
Un deuxième statut des Juifs, encore plus restrictif, est adopté en juillet 1941. A partir de mars 1941, un Commissariat général aux questions juives veille à l'application de la législation antijuive.

A partir de 1942, les Allemands peuvent compter sur le soutien zélé de la police française pour rafler les juifs.

free music

la "petite juive" interprétée par Francesca Solleville.

- André Chedid:"Anne, ma soeur Anne".


Anne Franck.

* André Chedid revient désabusé sur le retour en force des idées racistes. Dans sa chanson "Anne, ma soeur Anne", composée en 1985, il s'adresse à Anne Franck, une jeune juive allemande, réfugiée à Amsterdam pendant la guerre. Elle est l'auteur d'un journal intime particulièrement émouvant dans lequel elle évoque ses difficiles conditions d'existence.

Anne, ma soeur Anne, Tu pensais qu’on n’oublierait jamais mais mauvaise mémoire
Elle ressort de sa tanière la nazi-nostalgie
Croix gammée, botte à clous, toute la panoplie
Elle a pignon sur rue des adeptes, un parti
La voilà revenue, l’historique hystérie
Anne, ma soeur Anne, si j’te disais c’que j’entends
Anne, ma soeur Anne, les mêmes discours
Les mêmes slogans, les mêmes aboiements
Anne, ma soeur Anne ...

* L'heure de la réconciliation: l'axe franco-allemand.

- Barbara:"Göttingen".

Toute réconciliation avec l'ennemi héréditaire allemand semblait très délicate en 1945. Or, très tôt, dans le contexte de la guerre froide et de la consruction européenne, la France et l'Allemagne de l'ouest se rapprochent. L'entente devient franchement cordiale avec la création de la CECA (1951), puis de la CEE. Désormais, l'axe franco-allemand devient le fer de lance de la construction européenne et ne se démentira pas (nombreuses rencontres de Gaulle/Adenauer, Giscard d'Estaing/Schmidt, Mitterrand/Kohl).


François Mitterrand et Helmut Kohl à Verdun, en 1984.

Barbara compose cette superbe chanson en 1965. Ce qui l'anime ici, c'est un "profond désir de réconciliation et non d'oubli". Le message de ce titre est d'autant plus émouvant que Barbara dut se cacher et fuir avec sa mère, parce qu'elles étaient juives.


O faites que jamais ne revienne / Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j'aime, / A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l'alarme, / S'il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme / Pour Göttingen, pour Göttingen.

Mais c'est bien joli tout de même, / A Göttingen, à Göttingen


free music


N'hésitez pas à nous signaler en commentaire des titres en rapport avec la seconde guerre mondiale. Merci d'avance.

Source principale:

- P. et J.P. Saka (dir):"L'histoire de France en chansons", Larousse, 2004.

Liens:
- des ressources utiles pour étudier les Mémoires de la seconde guerre mondiale.
- Mémoires de la Seconde guerre mondiale: la redécouverte du génocide juif.

samedi 1 mars 2008

Esclaves sexuelles de l'armée japonaise par Jung Kyung-a

Ce pourrait être de l'histoire ancienne, mais cette histoire est encore "brûlante". Les questions liées à la Seconde Guerre mondiale en Asie sont encore des sujets de discorde. Ainsi en est-il de la reconnaissance par le Japon de sa responsabilité dans ce que l'armée japonaise nommait des "femmes de réconfort".
Mais ce terme même pose problème. Il s'agit en fait d'esclaves sexuelles de l'armée japonaise. On peut d'ailleurs reprocher à l'éditeur français de ce livre de ne pas avoir conservé le titre original et d'utiliser celui de Femmes de réconfort.
L'une des victimes, une Néerlandaise, écrit ainsi : "Plus que tout je refuse catégoriquement le terme de "femme de réconfort" puisqu'il signifie quelque chose de chaleureux et doux".
Il s'agit donc de prostitution forcée, de viol et d'esclavage et les responsables japonais ont été jugés pour ces crimes au procès de Tokyo de 1946.



La seconde guerre mondiale en chansons (françaises) 2.

La chanson française de la seconde moitié du XXème siècle s'est intéressée à de nombreuses reprises à la "France des années noires". Revenons ici sur quelques titres connus qui évoquent différents aspects du conflit et donnent aussi à voir les représentations que l'on s'en ait fait longtemps après les faits. Ce second volet revient sur la France à la Libération et les souvenirs ou repésentations du conflit bien après les faits:

* La libération de la France est bien sûr célébrée.

- Mireille Mathieu: "Paris en colère".


Combats de rue lors de la Libération de Paris en août 1944.

Cette chanson de 1966 s'inscrit tout à fait dans le cadre du mythe résistancialiste véhiculé par les gaullistes. La chanson, composée par Maurice Jarre, revient sur le soulèvement parisien d'août 1944. Comme le général e Gaulle dans son discours de l'Hôtel de ville fin août 1944, le rôle essentiel joué par les alliés dans la libération du territoire, et de Paris, est minimisé. Ici, le rôle des alliés n'est même pas évoqué.

De Gaulle lors du discours de l'Hôtel de ville, Paris, août 1944. "Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé !
Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, c'est à dire de la France qui se bat, c'est à dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle. "

Les Français, unis comme un seul homme, se soulèvent pour bouter l'ennemi hors du territoire. Rien n'est dit des collaborationnistes. Paris l'insoumise, capitale d'un pays farouchement attaché à son indépendance, sont ici célébrés. Les mauvais souvenirs sont refoulés, les comprissions, l'attentisme dominant d'une population longtemps pétainiste sont tus.

Que l'on touche à la liberté / Et Paris se met en colère /Et Paris commence à gronder / Et le lendemain, c'est la guerre.
Paris se réveille / Et il ouvre ses prisons / Paris a la fièvre : Il la soigne à sa façon.
Il faut voir les pavés sauter / Quand Paris se met en colère / Faut les voir, ces fusils rouillés
Qui clignent de l'œil aux fenêtres / Sur les barricades / Qui jaillissent dans les rues / Chacun sa grenade / Son couteau ou ses mains nues.

Attention, ça va toujours loin
Quand Paris se met en colère
Quand Paris sonne le tocsin
Ça s'entend au bout de la terre
Et le monde tremble
Quand Paris est en danger
Et le monde chante
Quand Paris s'est libéré.

- Maurice Chevalier:"Fleur de Paris".



Une foule en liesse accueille son héros, le général de Gaulle, août 1944.

Dans une même veine patriotique, on trouve l'hymne de la Libération, la "Fleur de Paris" interprétée par l'orchestre de Jacques Hélian, avant d'être reprise à de multiples reprises. Avec cette chanson, la France éternelle est une nouvelle fois célébrée. Ici, comme l'affirme de Gaulle, Vichy n'est qu'une parenthèse, un accident de l'histoire. Le titre semble prendre le pouls du pays après quatre années sinistres.

"C'est une fleur de Paris, / du vieux Paris qui sourit, / car c'est la fleur du retour / du retour des beaux jours.
Pendant quatre ans, dans nos coeurs, elle a garé ses couleurs, / bleu, blanc, rouge... / Avec l'espoir, elle a fleuri, / fleur de Paris".

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* Au bout du compte, ce mythe résistancialiste relativise considérablement le rôle des alliés dans la Libération de l'hexagone. Michel Sardou refuse cet état de fait et entend rendre un hommage appuyé aux soldats américains venus risquer leurs vies sur les plages normandes en juin 1944.
En outre, ce titre date de 1967, or depuis l'année précédente la France s'est retirée du commandement intégré de l'OTAN et de Gaulle multiplie les critiques à l'encontre des Etats-Unis. Sardou entend ainsi remettre les pendules à l'heure.


Corps d'un soldat américain sur une plage normande, juin 1944.

- Michel Sardou: les Ricains.

Michel Sardou se laisse aller à l'histoire fiction dans son épovantable hommage aux "Ricains". Tout en finesse, il assène sa leçon de géopolitique virtuelle, pensant rendre service aux Américains souvent victimes d'antiaéricanisme primaire:

Si les Ricains n'étaient pas là / Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi, / A saluer je ne sais qui.

Un gars venu de Géorgie / Qui se foutait pas mal de toi
Est v'nu mourir en Normandie, / Un matin où tu n'y étais pas.

Merci pour la leçon Michel...

* Mais la Libération s'accompagne aussi d'une épuration implacable.

- Georges Brassens: "La tondue".




Femme tondue à la Libération.

La belle qui couchait avec le roi de Prusse / Avec le roi de Prusse
A qui l'on a tondu le crâne rasibus / Le crâne rasibus

Son penchant prononcé pour les " ich liebe dich ", / Pour les " ich liebe dich "
Lui valut de porter quelques cheveux postich's / Quelques cheveux postich's

Les braves sans-culott's et les bonnets phrygiens/ Et les bonnets phrygiens
Ont livre sa crinière à un tondeur de chiens / A un tondeur de chiens

J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison /Parti pour sa toison
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon / Pour sauver son chignon

Durant l'été 1944, alors que les Alliés tentent de faire la reconquête du territoire, l'épuration sauvage débute dans les régions libérées. Elles se soldent par près de 9 000 victimes, du lynchage à l'exécution après une parodie de procès. Des femmes sont particulièrement visées. Près de 20 000 subissent des tontes pour motif de "collaboration horizontale", autrement dit des relations sexuelles avec des Allemands. Il s'agit de punir de façon symbolique celles qui, à l'instar de tout le pays, se sont fait posséder par l'ennemi. Pour les tondeurs, il faut aussi réaffirmer la prééminence masculine sur les femmes.
Dans "la Tondue", Brassens absout par principe toutes celles qui sont victimes des tontes.

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* Nagasaki et Hiroshima.


Les ruines d'Hiroshima.

Certes, les combats cessent en Europe le 8 mai 1945, mais de rudes combats continuent à faire rage en Asie orientale. Le Japon fanatisé d'Hiro Hito entend faire de chaque débarquement américain sur une des îles de l'archipel un véritable enfer. Les kamikazes poursuivent leurs vols désespérés contre les navires américains. Truman redoute des combats meurtriers et très longs. Il prend donc une lourde décision, celle d'utiliser les bombes atomiques récemment mises au point.

- Claude Nougaro: "Il y avait une ville".

"C'était étrange / Est-ce qu'il allait neiger des anges
Les gens guettaient dans un mélange/ D'inquiétude et d'amusement
Et brusquement/ Il y eut un éclair aveuglant
Et dans un souffle incandescent/ Les murs se mirent à trembler

Que s'est-il passé? / J'y comprends rien
Y avait une ville/ Et y a plus rien

Claude Nougaro décrit tout au long de sa chanson une ville dévastée par une explosion nucléaire. Il fait bien sûr référence ici aux villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki, rayées de la carte par les bombardements atomiques de l'aviation américaine les 6 et 9 août 1945. Le premier bombardement aurait fait 150 000 morts et le second 75 000.

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une version reggae du titre dont j'ignore l'interprète (si vous connaissez le groupe, n'hésitez pas).

N'hésitez pas à nous signaler en commentaire des titres en rapport avec la seconde guerre mondiale. Merci d'avance.

Source principale:

- P. et J.P. Saka (dir):"L'histoire de France en chansons", Larousse, 2004.

Liens pour aller plus loin:

- LA MUSIQUE PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE (1939-1945)
- Divers articles sur les mémoires de la seconde guerre mondiale sur bricabraque.
- Si vis bellum, para pacem... par M. Augris.

jeudi 28 février 2008

La seconde guerre mondiale en chansons (françaises) 1.


Hitler pose devant la tour Eiffel, juin 1940.


La chanson française de la seconde moitié du XXème siècle s'est intéressée à de nombreuses reprises à la "France des années noires". Revenons ici sur quelques titres connus qui évoquent différents aspects du conflit et donnent aussi à voir les représentations que l'on s'en ait fait longtemps après les faits. Ce premier volet s'intéresse aux années de guerre:

* La défaite et l'arrivée des Allemands:

- Serge Reggiani: "Les loups".

Les loups chantés ici par Reggiani ne sont autres que les troupes allemandes qui pénètrent dans Paris le 14 juin 1940 (il ne quitteront la ville qu'en août 1944). Pendant quatre ans, les troupes d'occupation vivent sur le pays et administrent directement la Ville Lumière.

Les loups ououh! ououououh! / Les loups ont envahi Paris / Soit par Issy, soit par Ivry / Les loups ont envahi Paris [...]

Attirés par l'odeur du sang / Il en vint des mille et des cents
Faire carouss', liesse et bombance / Dans ce foutu pays de France
Jusqu'à c'que les hommes aient retrouvé / L'amour et la fraternité.... alors

Les loups ououh! ououououh! / Les loups sont sortis de Paris
Soit par Issy, soit par Ivry / Les loups sont sortis de Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire/ Les loups sont sortis de Paris
J'aime ton rire, charmante Elvire / Les loups sont sortis de Paris...

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* Le régime de Vichy et le culte de la personnalité autour de la figure du maréchal Pétain.



- "Maréchal nous voilà!"

" Maréchal, nous voilà! / devant toi le sauveur de la France,
nous jurons, nous, tes gars / de servir et de suivre tes pas."

Traumatisée par la plus grande défaite de son histoire, la France, après avoir signé l'armistice le 22 juin 1940, s'en remet aux mains du vainqueur de Verdun, le maréchal Pétain. Ce veillard rassure la population et il bénéficie d'une très grande popularité tout au long du conflit. Devenu le chef de l'Etat français, il engage le pays dans une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie et met en place un régime autoritaire dont la devise "travail, famille, patrie" remplace la trilogie républicaine "liberté, égalité, fraternité".
Cette chanson fait presque figure d'hymne officiel du régime de Vichy. Cette bluette célèbre de manière particulièrement niaise les mérites du chef vénéré.

* Le régime de Vichy fustige l'esprit de jouissance, qui expliquerait d'après Pétain, la défaite de 1940 (oubliant un peu vite que la stratégie défensive adoptée par l'état-major a pesé bien peu face à la "guerre-éclair" de l'adversaire). La société française doit donc se plier au conformisme vichyste. Rares sont ceux qui remettent en cause cet état de fait. Néanmoins, quelques jeunes adoptent la mode zazoue.


Un jeune zazou sur le point d'être tondu par un milicien.

Adeptes du swing, les garçons optent pour les cheveux longs, les pantalons larges, les filles arborent des jupes courtes. Ils résistent ainsi, à leur manière, à l'emprise culturelle vichyste et son "oeuvre de redressement national". La milice traque bientôt cette jeunesse qui ne rentre pas dans le moule. Les garçons sont rasés, certains sont même envoyés au STO.
L'Oeuvre, journal collaborationniste affirme, péremptoire, en 1942:
" Etre swing, c'est ne prendre aucune chose au sérieux, ne rien faire comme les autres [...], être immoral".

- Brigitte Fontaine:"Zazou".
Brigitte Fontaine reprend ici de manière irrésistible un vieux titre de 1943.

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* Rares sont les chansons qui reviennent sur la déportation.




Déportés rescapés du camp de Buchenwald, en avril 1945.

- Jean Ferrat:"Nuit et brouillard".

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

Avec ce titre enregistré en 1963, Jean Ferrat évoque une des pages les plus sombres de la Seconde guerre mondiale puisqu'il décrit ici la déportation vers les camps de concentration (ou d'extermination). Ici, les paroles ne permettent pas de distinguer "déportés politiques", "déportés raciaux" ou autres. Jusqu'aux années 1970, en effet, la spécificité de la Shoah n'est pas vraiment perçue et les camps d'extermination souvent confondus avec les camps de concentration.

Le titre de la chanson fait référence au décret pris par les nazis qui vise à éliminer tous ceux qui constituent un danger pour l'Allemagne hitlérienne. L'identité des victimes de cette traque doit être effacée, d'où la référence à l'obscurité qui doit envelopper les individus éliminés, destinés à sombrer dans l'oubli.

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* Quelques chansons célèbrent "l'armée des ombres".


Poste-radio de résistants.

- La tordue: "la rose et le réséda".

Quand les blés sont sous la grêle / Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles / Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel/ Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle / La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle / L'autre tombe qui mourra

free music


La Rose et le Réséda est un poème de Louis Aragon, publié en décembre 1944 au sein du recueil "La Diane Française", dont le thème est la résistance sous l'Occupation. Il ajoute alors une dédicace à quatre résistants : Guy Môquet, Gabriel Péri, Honoré d'Estienne d'Orves et Gilbert Dru, soit deux communistes (la rose) et deux chrétiens (le réséda). En effet, à traver ce titre, Aragon célèbre la diversité des résistants, tous mus par une même volonté: restaurer la liberté.




Anna Marly.

- Anna Marly: "Le chant des partisans".

Le Chant des partisans est l'hymne de la Résistance française durant l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale. Joseph Kessel et son neveu, Maurice Druon, ont quitté la France pour rejoindre l'Angleterre et les Forces françaises libres du Général de Gaulle. A partir d'une ébauche de chanson d'Anna Marly, ils récrivirent les paroles très rapidement. Aussitôt le chant remporte l'adhésion de l'auditoire.

L'engagement résistant y est magnifié. Les auteurs soulignent avec justesse à quel point le choix de la lutte est lourd de conséquence, la mort étant souvent au bout des combats.

Ami, entends-tu le vol des corbeaux sur nos plaines,
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne,
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme
Ce soir, l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite.
Ohé saboteur, attention à ton fardeau dynamite...

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-Leonard Cohen:"the partisan" (1969).


Leonard Cohen.

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Cette chanson interprétée par Leonard Cohen est une adaptation de la "COMPLAINTE DU PARTISAN", écrite à Londres en 1943 par Emmanuel d'Astier de la Vigerie (surnommé "Bernard" dans l'armée des ombres") et Anna Marly pour la musique.
La version de Cohen date de 1969 et figure sur l'exceptionnel album "Songs from a room". Il intitule son titre "the partisan", parfois appelé aussi "the song of the french partisan". Il mêle ici la version anglophone de Hy Zaret à quelques vers originaux, chantés directement en français.

J'ai changé cent fois de nom / J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis / J'ai la France entiere.
Un vieil homme dans un grenier / Pour la nuit nous a cachés
Les Allemands l'ont pris / Il est mort sans surprise.

Oh, the wind, the wind is blowing / Through the graves the wind is blowing
Freedom soon will come / Then we'll come from the shadows."


- "L'affiche rouge".



L'Affiche rouge est une affiche de propagande allemande placardée à Paris au printemps 1944, pendant l'occupation nazie. Elle fut tirée à 15 000 exemplaires. Le réseau Manouchian était constitué de 23 résistants communistes, dont 20 sont étrangers (des espagnols, des Italiens antifascistes, des Arméniens, des Juifs ayant échappé à la rafle du Vel'd'Hiv' de 1942. Le chef du réseau, l'Arménien Missak Manouchian faisait partie des mouvements de Résistance communiste et était le responsable des FTP MOI (Francs-tireurs et partisans - Main d'œuvre immigrée) de la région parisienne.

Arrêtés par les nazis, les 22 hommes seront fusillés le 21 février 1944 au Mont Valérien, tandis qu'Olga Bancic sera guillotinée le 10 mai de la même année à Stuttgart, une loi française interdisant alors de fusiller les femmes.

En recouvrant les murs de France de cette affiche, les Allemands stigmatisent l'origine étrangère de la majorité des membres du groupe.

Louis Aragon écrivit en 1955 un poème, "Strophes pour se souvenir", qui a été mis en musique en 1959 par Léo Ferré.

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes / Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang / Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

free music



Source principale:

- P. et J.P. Saka (dir):"L'histoire de France en chansons", Larousse, 2004.

vendredi 8 février 2008

Zipang : la marine japonaise entre passé et présent

La série

Début du XXIème siècle, le Japon a une constitution pacifiste depuis sa défaite en 1945. Le pays ne possède d'ailleurs pas d'armée mais des "Forces d'autodéfense" (3ème budget mondial tout de même...). Un navire japonais, le Mirai, lève l'ancre pour participer à des manoeuvres en Amérique du Sud. Après un violent orage, beaucoup de choses vont changer... Le navire se retrouve impliqué dans la bataille de Midway en 1942 ! Des hommes préparés pour maintenir la paix doivent-ils participer à la guerre ? Si oui, comment ? Doivent-ils s'interposer ? Doivent-ils tuer pour changer le cours de l'histoire ?


dimanche 27 janvier 2008

"Lust, caution" : L'amour est-il plus fort que le patriotisme ?

Le film

J'ai vu pour vous le dernier film du Taïwanais Ang Lee (Le secret de Brockeback Mountain, Tigres et dragons). Il nous fait plonger dans le Shanghaï des années 1940, sous occupation japonaise. Un gouvernement de "collaborateurs" chinois à la solde des Japonais est dirigé par Wang Jingwei. Une jeune étudiante (jouée par Tang Wei dont c'est le premier film), membre d'une troupe de théâtre "patriotique", est chargée avec ses camarades de tuer l'un des principaux responsables de ce gouvernement, M. Yee (incarné par l'acteur fétiche de Wong Kar Wai, Tony Leung).

Pourquoi ce titre ? Lust, caution, traduction anglaise du chinois « se, jie ». "La préfacière (et traductrice) d'Eileen Chang [l'auteur de la nouvelle qui a inspiré le film], Emmanuelle Péchenart, nous plonge dans une jungle polysémique typiquement chinoise : « Se désigne la couleur, le charme féminin et le désir sexuel , jie signifie l'abstinence, la retenue et la pru­dence, mais les deux termes signifient encore rôle de théâtre, bague et aussi encercler, donner l'alarme. » Deux mots contiennent littéralement tous les ingrédients du récit : toute la complexité du monde cachée sous le trait fin de l'idéogramme..." [source : Télérama]

La bande-annonce (in english) :



La polémique

Le film d'Ang Lee a suscité des réactions enflammées en Chine populaire comme à Taïwan. La première partie du film montre des Chinois unis contre l'envahisseur japonais, à l'image de cette représentation théâtrale au cours de laquelle la réplique "La Chine ne doit pas mourrir" provoque pleurs et enthousiasme dans le public. Il heurte donc l'interprétation communiste officielle en faisant de jeunes proches des nationalistes du Kouomitang (longtemps au pouvoir à Taïwan) des "patriotes". Mais en montrant que ce même Kouomitang était divisé sur les relations avec les "traîtres à la nation chinoise", il remet en cause l'analyse officielle sur l'île. La deuxième partie, plus centrée sur la relation entre l'espionne et le collaborateur va finalement mettre tout le monde d'accord contre Ang Lee... Celui-ci ne suggère-t-il pas que l'amour peut être plus fort que la défense de sa patrie ?
Dans le numéro 898 (17 janvier 2008) de Courrier international (disponible au CDI), vous trouverez une analyse détaillée des polémiques créées en Asie par ce film.
[photo : Wang JingWei, le "Pétain" chinois, mort en 1944]

Voici quelques dates sur cette période :

1921 Fondation à Shanghai du Parti communiste chinois par quelques intellectuels.

Formation à Canton d'un gouvernement nationaliste présidé par Sun Yat-sen.

1927 Tchang Kai-shek écrase les communistes et forme son propre gouvernement à Nankin.

1929-34 Fondation d'une république soviétique dans le Jiangxi, sur laquelle Tchang Kai-shek envoie l’armée.

Début de la Longue Marche, fuite des communistes.

1931 Les Japonais envahissent la Mandchourie. Ils créent l’état indépendant du Mandchoukouo.

1933-35 Les Japonais avancent en Chine du nord.

1935 Mao Zedong est rétabli comme chef du Parti communiste.

1936 Incident de Xi'an.

Les communistes capturent Tchang Kai-shek et l'obligent à participer au front uni contre le Japon.

1937 Le Japon envahit la Chine du Nord. A Nankin l’armée Japonaise se livre à un important massacre de civils.

1938 Le gouvernement nationaliste se replie à Chongqing.

1940 Wang Jingwei crée à Nankin un gouvernement à la solde des Japonais.

1941 Les Japonais s'emparent de Hong-Kong.

1944 Mort de Wang Jingwei.

1945 Août : capitulation japonaise.

Les communistes occupent le nord de la Chine.

Les nationalistes occupent la plus grande partie du territoire.

1946-49 Guerre entre communistes et nationalistes.

1949 1er octobre : proclamation de la République populaire de Chine.

Tchang Kai-shek replie les institutions de la République de Chine à Taiwan.


Les liens

Retrouvez la critique complète de Télérama dont j'ai cité un extrait, le site du film d'où est tirée la chronologie ci-dessus, le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale avec notamment la chronologie interactive sur l'Asie de 1839 à 2008, un entretien avec Jean-Louis Margolin sur les crimes du Japon en guerre, le révisionnisme dans les mangas japonais,...

Post scriptum : (5 mai 2008) Pékin a fait interdire les publicités dans lesquelles apparaissait l'actrice Tang Wei, fait annuler ses participations à des festivals et effacer toute référence à l'actrice sur Google.... (informations parues dans ELLE le 24 mars 2008).


dimanche 13 janvier 2008

L'histoire des 3 Adolf de Tezuka

Le livre

Adolf Kamil et Adolf Kauffmann sont deux garçons allemands qui vivent à Kobe au Japon, ils sont amis. Mais le premier est juif et le deuxième est le fils d'un dignitaire nazi marié à une Japonaise. Le troisième Adolf n'est autre qu'Hitler lui-même. Il est celui qui va bouleverser la vie des deux premiers. L'intrigue qui sert de fil conducteur tourne autour des origines d'Hitler. Outre les deux garçons, elle implique un journaliste, Sohei Togué, ancien marathonien, qui fait tout pour tenir la promesse qu'il a faite à son frère, une institutrice pacifiste, un fils d'officier japonais en révolte contre son père.
Tezuka, le "Dieu du manga" nous offre une aperçu très riche et varié de l'âme humaine dans ses travers les plus sombres comme dans ses intentions les plus nobles. Le drame étant qu'une même personne passe de l'un à l'autre.
On peut reprocher à Tezuka certaines libertés qu'il prend avec l'histoire, mais il nous montre magnifiquement comment la haine de l'autre se fabrique et s'apprend. Les deux amis, pris dans des engrenages qui les dépassent (ce ne sont que des adolescents) sont contraints par l'histoire à choisir ou à subir leur sort.
L'auteur est sans doute plus pertinent lorsqu'il dépeint le Japon en guerre que lors des scènes européennes, mais cela ne nuit pas à l'intrigue et à ses multiples rebondissements.

Personnellemnt, j'ai beaucoup aimé cette oeuvre en 4 volumes à lire d'une traite !

Osamu Tezuka, L'histoire des 3 Adolf, Tonkam, 1998; 4 tomes


L'extrait



Les liens

Une biographie d'Osamu Tezuka, un des pionniers du genre et l'un des plus productifs (170 000 pages !). Sa vie (1928-1989) fait l'objet d'un manga en cours de réalisation. Voici le site "officiel". Il existe un forum en français consacré à l'auteur.
Retrouvez le dossier sur l'histoire de l'Asie orientale et des liens sur le révisionnisme dans les mangas. D'autres articles sur les mangas.