Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !
Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.
Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.
[De gauche à droite : Leonard Cohen, Alexandra Burke, Jeff Buckley et John Cale]
La modestie du canadien Leonard Cohen doit en prendre un coup. Déjà forcé à sortir de sa retraite à 74 ans par les investissements hasardeux de son conseiller financier, la reprise de l'un de ses titres fait actuellement un carton en Angleterre. Deux versions de son "Hallelujah" de 1984 se disputent en effet la première place des ventes par téléchargement en cette fin d'année. La raison en est simple : la gagnante de l'émission X-Factor (l'équivalent britannique de la Nouvelle Star), Alexandra Burke, a chanté ce titre lors de la finale et fait un tabac. Les puristes, qui ne souhaitent pas laisser la première place à une chanteuse de télé-réalité, ont entamé une campagne pour acheter la version considérée comme la plus réussie de la chanson, celle du chanteur américain Jeff Buckley (mort accidentellement en 1997). Le résultat : les deux versions se disputent la première place... au grand bénéfice des finances de Leonard Cohen qui touche bien sûr quelques royalties.
Côté parole, plusieurs versions ont été chantées, y compris par Cohen lui-même. Le texte fait référence à l'Ancien Testament, l'histoire du Roi David, notamment à sa lutte contre Saül et à ses relations adultères avec Bath-Sheba, femme d'un de ses soldats qu'il envoie à la mort. Chaque artiste insiste plus ou moins sur la dimension sexuelle de cette histoire. Référence également à Samson, qui tenait sa force de ses cheveux. [En savoir plus (in english) ici ou là]
Voici la version originale de 1984 :
Voici la version X-Factor :
Et celle de Jeff Buckley :
De nombreuses autres versions de la chanson existent dont celle de Rufus Wainwright pour le film Shrek, je vous en propose une sélection, à vous de reconnaître l'interprète. N'y figurent pas la version de Sheryl Crow, d'Allison Crowe et celle de Bono considérée comme l'une des moins réussies.
Arte diffuse samedi soir à 22h30 une version remontée du film d'Abderrahmane Sissako, Bamako. Le titre est légèrement modifié puisque le téléfilm s'intitule Bamako, la cour.
Si vous avez envie d'être surpris par un film original tout en éveillant votre esprit critique sur la mondialisation, alors regardez ou enregistrez ce film. Il aborde en effet la plupart des questions que suscitent la mondialisation et que nous abordons en cours de terminale.
Voici le synopsis :
"Bamako. Melé est chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire ... Dans la cour de la maison qu'ils partagent avec d'autres familles, un tribunal a été installé. Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque mondiale et le FMI qu'ils jugent responsables du drame qui secoue l'Afrique. Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour. Chaka semble indifférent à cette volonté inédite de l'Afrique de réclamer ses droits ... "
France Culture propose à partir de ce soir et jusqu'à la fin du mois d'août une série sur les séries....
Ces émissions de radio de 30 minutes vont donc revenir chaque semaine sur une décennie de séries télévisées en commençant par les années 50 (Happy Days...). Une manière de découvrir l'histoire des Etats-Unis à travers ce reflet à la fois fidèle et déformant qu'est la télévision. Cela s'annonce donc passionnant ! Les émissions sont produites par Benoît Lagane et Eric Vérat et réalisées parLionel Quantin. Vous pouvez déjà consulter le site internet et la très riche bibliographie sur la question.
Vous pouvez les écouter à la radio ou sur internet et également les télécharger en podcast (c'est ce que je vais faire...).
Melvin Van Peebles, le réalisateur de Sweet sweetbacks badasssss song.
Arte propose mardi 22 juillet une soirée "black is beautiful", soit le mouvement de fierté noire (black pride) qui incite les Afro-américains à assumer fièrement leur identité spécifique, leurs racines culturelles et leur couleur de peau à partir de la fin des années 1960 (une fois les premières victoires pour l'obtention des droits civiques acquises). Au cinéma, les films de la blaxploitation s'inscrivent dans ce mouvement.
* La Blaxploitation.
A parti de 1971, la naissance de la Blaxploitation(contraction des mots « black » et « exploitation ») constitue la première offensive cinématographique noire contre la représentation traditionnelle et dévalorisante des Noirs à l’écran. Des films plus en phase en tout cas avec l'existence des Afro-américains, notamment dans les ghettos. Pour la première fois, ils deviennent acteurs de leur destin à l'écran, plus seulement des personnages passifs.
Un genre où les héros évoluent dans un univers fait de violence, de trafics, de justice privée et de sexe. Un genre spécifiquement destiné au public Afro-américain et où la musique noire va tenir un rôle primordial et complémentaire aux films (exemple avec le célèbre thème de Shaft composé par Isaac Hayes, ou Superfly de Curtis Mayfield , la B.O. de "Black Caesar" par James Brown.
Dans « Sweet Sweetback’s Baadasssss Song » (1971), le réalisateur Melvin Van Peebles incarne Sweetback, antihéros noir qui assiste au passage à tabac du leader d’un groupe de manifestants par deux policiers blancs. Prenant alors la défense du militant, il finit par assommer les deux policiers et devient la cible de toute la police de Los Angeles. Commence alors une fuite soutenue par la population noire qui le mènera au Mexique. Il s’agit de l’une des oeuvres les plus politiquement engagée dans la défense du Noir contre le Blanc.
La Blaxploitation restera au sommet pendant un peu plus de quatre ans. Ensuite, les réalisateurs n’arrivent plus à renouveler le genre et finissent par le faire sombrer dans le ridicule. La Blaxploitation aura en tout cas permis aux Afro-américains de se faire une place dans le cinéma et dans la société américaine par la même occasion.
Arte propose mardi soir deux classiques de la blaxploitation:
- 21h00 Shaft John Shaft est le détective le plus cool de Harlem. Il ne roule pas en Aston Martin, ne possède pas de stylo explosif et ne finit pas ses aventures sous les palmiers d'une île tropicale. Rien de tout ça ne l'empêche d'être un véritable tombeur qui résout ses enquêtes sans sourciller face au danger. Sa mission: retrouver la fille de Bumpy Jonas, baron de la drogue sur lequel la mafia blanche fait pression. Il va réussir en s'associant à un groupe de militants noirs qui a le plus grand besoin de l'argent de Bumpy pour... lutter contre lui. (Film de Gordon Parks, 96’ 1971) Avec Charles Cioffi, Moses Gunn, Richard Roundtree, Christopher St John, Gwenn Mitchell
Enfin, à 00h40 Sweet sweetback baadassss song de Melvin Van Peebles (voir ci-dessus).
Cette black pride passe aussi par la musique, aussi la chaîne franco-allemande diffuse à 22h35, un documentaire de Philippe Manoeuvre consacré à James Brown, suivi à 23h 40 d'un concert du godfather of soul à Monterey, en 1979.
En effet en 1968, lorsque Brown adopte son fameux brushing au profit d'une coiffure afro, l'événement donne lieu a de nombreux commentaires dans la presse. Ainsi, le magasine Soul lance:"Depuis des années, le King était un esclave. Esclave de qui, de quoi? James Brown devait arborer cette coiffure qui lui demandait de douloureuses heures de préparation, depuis des temps immémoriaux. Jusqu'au mois dernier. A présent, le King arbore une coiffure afro. Tout le monde, y compris les Blacks Panthers et le SNCC (l'organisation étudiante de plus en plus radicale), pense que c'est une bonne chose. " De fait, il n'aura de cesse de clamer haut et fort et d'assumer avec fierté son identité d'afro-américain, comme le prouve avec force son titre "Say it loud, I'm black and i'm proud".
Arte diffuse ce soir un documentaire qui retrace la manière dont le Jazz a gagné l'Europe de l'après-guerre :
"L'histoire du jazz européen commence après la Seconde Guerre mondiale dans les caveaux de Saint-Germain-des-Prés, quartier parisien où se retrouvent des artistes et des intellectuels incarnant l'esprit de l'époque. Les jazzmen afro-américains, marginaux dans leur pays à l'image de la bohème des cafés parisiens, y sont accueillis à bras ouverts. Bien avant l'avènement du rock 'n' roll, le jazz est en effet la musique dans le vent. Il devient rapidement le signe de reconnaissance d'une avant-garde assoiffée de liberté."
Je vous reparlerai prochainement du rôle du Jazz durant la guerre froide.
Retrouvez le reste de la sélection télé de la semaine à droite. A voir notamment un documentaire sur l'industrie nigériane du cinéma, le fameux Nollywood, troisième producteur mondial de films...
Arte reprogramme ce soir à 23h10 le film Gimme Shelter sur le festival d'Altamont en 1969. Nous vous avons déjà parlé de ce concert, le film est très intéressant pour comprendre l'atmosphère un peu désorganisée...
"Le 6 décembre 1969 a lieu le festival d'Altamont (dans la grande balieue de San Francisco), ce doit être l'équivalent de Woodstock pour la côte ouest. Les Rolling Stones constituent la tête d'affiche du festival. Après une tournée américaine réussie, les Stones entendent remercier leur public en lui offrant un concert gratuit."
La semaine télévisuelle est très riche. De nombreux documentaires sont consacrés à des thèmes à votre programme. Je retiens deux films que j'ai personnellement beaucoup aimé :
- Just a kiss(Arte, lundi à 21h) Un film magnifique de Ken Loach sur la difficulté d'être soi et d'aimer malgré les préjugés. C'est la chronique des amours impossibles entre une catholique irlandaise et un musulman d'origine pakistanaise à Glasgow.
- La ligne rouge(F3, jeudi à 20h55) Un film magnifique sur et contre la guerre. A Guadalcanal, en 1942, Japonais et Américains s'affrontent dans un combat sans merci. Terrence Mallick donne la parole à des soldats incarnés par des acteurs remarquables. A voir absolument !
Retrouvez le reste de la sélection télé à droite dans le menu.
Alerte cinéma à la télé jeudi soir prochain sur Arte avec Carnet de Voyage de Walter Salles qui nous raconte le voyage initiatique d'Ernesto Guevara, étudiant par encore devenu le Che, à travers l'Amérique latine. Insouciant au départ ce voyage va être l'occasion de découvrir les injustices de l'Amérique latine des années 50 et de progressivement transformer le jeune homme incarné par Gael Garcia Bernal qui va devenir plus tard l'icône de la lutte révolutionnaire.
Cela ressemble à du Shakespeare. Pouvoir, ambition, amour, sang... Un film et une série télévisée sont consacrés aux Tudor en général et à Henry VIII, l'homme aux six femmes en particulier.
Dans l'émission les mercredis de l'histoire sur Arte cette semaine, un documentaire est consacré aux déserteurs pendant la guerre du Vietnam :
"La guerre du Viêt-nam a été contestée, au sein même de l'armée américaine, par des milliers de soldats. Histoire d'un mouvement oublié, par la voix de quelques-uns de ces vétérans insoumis."
Pour en savoir plus sur ce programme diffusé mercredi 27 à 21h50, vous pouvez allez sur le site de l'émission. Retrouvez l'article de J. Blottière sur les chansons anti-guerre.
Dans le coin BD-Manga-Manhwa : Mutafukaz de RUN Ayako d'Osamu Tezuka Petit Polio de Farid Boudjellal (t. 4) Carton jaune de Didier Daeninckx et Assaf Hanouka Petite histoire des colonies françaises, tome 2 : "L'Empire" de Grégory Jarry et Otto T. Azrayen de Lax et Giroud Massacre au pont de No Gun Ri de Park Kun Woong Deogratias de Stassen Boondocks d'Aaron Mc Gruder
Dans le coin musique : - La musique en Afrique lusophone - Le Rock en Angleterre (fin des années 1970 et années Thatcher)
Plus deux séries à Lire, écouter (podcasts) et voir à partir de la rentrée :
Dans le coin ciné : Ezra de Newton I. Aduaka Les 7 jours de Ronit Elkabetz Gomorra
Dans le coin des livres : Le stade Dubaï du capitalisme de Mike Davis Gomorra de Roberto Saviano Des dossiers : L'Algérie coloniale et la Guerre en BD Des photographes pour le XXème siècle (Khaldei, Baltermants, Capa, Koudelka, Caron, Depardon, ....) L'éclatement de la Yougoslavie en BD
N'hésitez pas à nous signaler ou à nous suggérer d'autres idées !
Tous les titres ne sont pas dans ces deux playlists, mais il y a déjà de quoi écouter ! Pour en savoir plus, lisez les 2 articles de J. Blottière sur ces 3 jours de "paix et de musique". Première et deuxième partie. Jouez avec les titres de ces playlist ! Première partie et deuxième partie.