Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !
Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.
Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.
Le morceau "Quitte le pouvoir" de Tiken Jah Fakoly évoque le sort tristement commun à de nombreux pays africains, englués dans des régimes autoritaires, souvent très durs. Sans nommer quelqu'un en particulier, le chanteur s'adresse aux dictateurs en général. Le message reste malheureusement tristement d'actualité comme le prouve la situation de la Guinée Conakry.
La riche province du Katanga (diamants, cobalt) fait sécession, bientôt suivie par le sud Kasaï (bien pourvue, elle aussi, en diamants). (Les trois cartes de l'article sont tirées de l'émission du dessous des cartes).
Ce ska survolté de l'obscur Lord Brynner permet d'évoquer la crise congolaise, ces cinq années de guerres civiles qui débutèrent quelques jours seulement après l'indépendance et ne s'achevèrent qu'avec la prise de pouvoir de Mobutu.
La Guinée accède à l'indépendance en 1958. Aussitôt, son leader, Sékou Touré, utilise la musique comme vecteur de l'affirmation nationale et de valorisation de la culture du pays. Le dirigeant de la Guinée crée alors des dizaines d'orchestres subventionnés. Une gigantesque industrie musicale étatisée se met en place. Or, au cours des années 1960, 1970, la Guinée devient le phare de la création musicale en Afrique, à la croisée de la tradition et de la modernité. Pour partir à la découverte de cette incroyable musique, cliquez ici.
Cette semaine, vous devez reconnaître les chanteurs de chansons qui parlent du pillage des ressources des pays du Sud, en particulier en Afrique. C'est un thème que nous avons abordé régulièrement sur l'histgeobox, notamment la "Françafrique".
Pour connaître les réponses, voyez ici la playlist.
Voici deux titres que je n'ai pas pu ajouter à cette liste : - François Béranger "Mamadou m'a dit" - Baloji "Tout ceci ne vous rendra pas le Congo" (Hôtel Impala, 2007). Je vous en parle plus en détail sur l'histgeobox, voici le clip :
Miriam Makeba dénonçant la politique d'apartheid à la tribune de l'ONU en 1963.
La chanteuse sud-africaine Miriam Makeba est décédée dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 76 ans d'une crise cardiaque alors qu'elle venait de chanter pendant une demi-heure lors d'un concert dédié au jeune auteur de "Gomorra" à Castel Volturno près de Naples. Revenons sur le parcours de cette chanteuse exceptionnelle.
Miriam Makeba reste sans doute la chanteuse sud-africaine la plus célèbre. Sa chanson "Pata pata" a fait le tour du monde et a été reprise à plusieurs reprises. Elle incarne surtout la volonté de donner une place de choix aux cultures africaines, trop souvent marginalisées.
Née le 4 mars 1932 à Johannesburg, Miriam Makeba commence très jeune à chanter. A 20 ans, elle est une des principales choristes du groupe "Manhattan Brothers", une formation très populaire. Son talent évident lui permet bientôt de s'imposer en solo.
En 1956, elle écrit ce qui deviendra un tube légendaire : la chanson "Pata, Pata". Sa renommée dépasse les frontières du continent africain. En 1959, elle apparaît dans un film clandestin ouvertement anti-apartheid, Come back to Africa, qui lui vaut une invitation en Europe. Harry Belafonte la repère à cette occasion et enregistre un album avec elle, "An evening with Harry Belafonte et Miriam Makeba", récompensé d'un grammy awards.
Miriam Makeba multiplie alors les déclarations anti Apartheid. En 1963, l'un de ses discours virulents -et pourtant porteurs de paix- à l'Unesco met le feu aux poudres. Le gouvernement Sud Africain l'empêche de rentrer dans son pays (lorsque sa mère décède, la chanteuse n'obtiendra pas le simple droit d'assister aux obsèques). Elle s'installe aux Etats-Unis et s'engage bientôt aux côtés des mouvements d'émancipations afro-américains. Miriam Makeba se lie aux Black Panthers et épouse le leader du mouvement, et théoricien du Black Power, Stokely Carmichael, devenant aussitôt persona non grata dans son pays d'accueil.
Miriam Makeba et son Stokely Carmichael.
La voilà de nouveau contrainte de s'exiler. La Guinée de Sékou Touré l'accueille à bras ouverts et le leader du pays associe les nouveaux époux à sa propagande. Choyée par le régime, Miriam Makeba enregistre de nombreux albums dans divers styles et langues d'Afrique. Ni son divorce (1978) ni la mort de Sékou Touré (1984) ne lui font quitter Conakry. En 1987-88, elle est l'invitée spéciale de Paul Simon sur sa tournée mondiale Graceland.
En 1991, avec la fin de l'apartheid, Miriam Makeba (qui n'a cessé de soutenir l'ANC) retrouve son pays et chante pour le nouveau président, Nelson Mandela.
Nous ne retiendrons qu'une seule chanson de Makeba, ce sublime morceau "Teya teya" que l'on retrouve sur la réédition "the guinea years", que nous vous recommandons chaudement.
Cette semaine je vous propose de découvrir (ou redécouvrir) trois albums ayant une dominante plutôt jazz mais n'excluant pas, au contraire, les passerelles musicales.
Ibrahim Maalouf, Diasporas
Trompettiste talentueux et très précoce, Ibrahim Maalouf est né en 1980 au Liban. Son père, élève de Maurice André, a inventé la trompette "piccolo". Avec le jazz pour point de départ, Maalouf explore le funk et l'électro tout en voyageant dans le bassin méditerranéen, du Nord au Sud, du Liban à laTunisie (avec une reprise de Dizzy Gillespie). Des instruments orientaux comme le oud ou la cithare kannoun viennent appuyer la trompette de Maalouf. L'album s'appelle Diasporas, c'est un voyage musical dans le temps et dans l'espace. Voyez cet entretien avec Ibrahim Maalouf suivi de quelques extraits.[à lire sur l'album]
Née à Memphis dans le Tennessee mais élevée à Flint (la ville de Michael Moore) dans le Michigan, Dee Dee Bridgewater est une admirable chanteuse de jazz. Après avoir exploré Soul et Funk dans les années 1970, elle revient au jazz à la fin des années 1980, alors qu'elle s'installe à Paris. Elle a travaillé avec les plus grands artistes et producteurs, de Ray Charles à Jerry Wexler, en passant par Cheik-Tidiane Seck plus récemment. Son dernier album, paru en 2007, s'intitule Red Earth, a Malian Journey. Elle y rencontre en effet musicalement de nombreux musiciens et chanteurs de la scène malienne. Elle mêle les instruments traditionnels du jazz aux instruments du pays, le balafon notamment. Le mélange est très réussi.[Le site de la chanteuse; photo : le groupe qui accompagne Dee Dee]
Vincent Courtois et Ze Jam Afane, L'homme avion
Je vous ai déjà parlé sur l'histgeobox de l'association surprenante mais envoutante du violoncelle de Vincent Courtois et de la voix du slammeur camerounais Ze Jam Afane. Leur chanson L'arbre Lumumba raconte les mésaventures du Congo depuis son indépendance en 1960. Le narrateur est l'arbre qui a reçu les balles qui ont tué Patrice Lumumba. Le reste de l'album est de la même veine, un peu comme un conte jamais innocent. La chanson "L'homme-avion" est une plongée dans l'esprit d'un enfant qui regarde passer les avions. C'est très plaisant à écouter.
Petit cadeau pour le week-end, la chanson "Heartbeat" de la chanteuse nigériane Nneka enregistrée par mes soins hier soir. Nneka a grandi au Nigeria avant de venir s'installer en Allemagne à 19 ans. Elle fait partie, avec Ayo, Asa ou encore Seun Kuti d'une nouvelle génération de musiciens nigérians très prometteuse. Son album No Longer at Ease mêle magnifiquement la Soul, le Hip-Hop et le reggae. "Certains comparent volontiers cette artiste subrepticement hissée sur le devant de la scène à une Lauryn Hill qui aurait le courage de Fela" (programme du NJP). Comme Fela, elle dénonce corruption et prédation en Afrique, notamment dans la chanson "Suffri".
Elle est donc venue à Nancy pour la 35ème édition du Nancy Jazz Pulsations (de même que Seun Kuti la semaine dernière). Le concert débutait avec la douce voix de Suzanne Végaet se poursuivait avec la fougue très jazzy de Dee Dee Bridgewateraccompagnée par des musiciens venus d'Amérique latine et d'Afrique dans une symphonie de sonorités diverses, de la contrebasse au balafon en passant par le piano. Deux musiciens maliens, le très talentueux Kabine Kouyate et la délicieuse Fatou, apportaient leur contribution à ce mariage du jazz et de la musique malienne. Dee Dee Bridgewater, habituée du NJP, revenait d'ailleurs faire la surprise d'une chanson avec Nneka, apparemment pas prévue au programme.
Mais assez parlé, écoutons battre le coeur de Nneka...
Can you feel my heart is beating Can you see the pain ur cursing Can you feel my heart is beating Can you see the pain ur cursing Blood,blood,blood... is rushing
Les transferts financiers des migrants constituent un des mouvements de redistribution des richesses les plus importants dans le monde contemporain. Leur montant était estimé en 2003 à 200 milliards de $, chiffre en constante augmentation puisqu'il n'était que de 3 milliards en 1970, 35 en 1980 et 70 au début des années 1990. Il a donc triplé depuis cette période...
Mais quelle réalité humaine se cache derrière ses transferts financiers ?
L'écrivain Yasmina Khadra (vous l'avez compris, il s'agit de son pseudonyme) a eu la gentillesse de nous dire quelques mots à propos de son dernier roman, Ce que le jour doit à la nuit, qui a pour cadre l'Algérie coloniale et la Guerre d'Algérie. Un grand merci à lui.
Arte diffuse samedi soir à 22h30 une version remontée du film d'Abderrahmane Sissako, Bamako. Le titre est légèrement modifié puisque le téléfilm s'intitule Bamako, la cour.
Si vous avez envie d'être surpris par un film original tout en éveillant votre esprit critique sur la mondialisation, alors regardez ou enregistrez ce film. Il aborde en effet la plupart des questions que suscitent la mondialisation et que nous abordons en cours de terminale.
Voici le synopsis :
"Bamako. Melé est chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire ... Dans la cour de la maison qu'ils partagent avec d'autres familles, un tribunal a été installé. Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque mondiale et le FMI qu'ils jugent responsables du drame qui secoue l'Afrique. Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour. Chaka semble indifférent à cette volonté inédite de l'Afrique de réclamer ses droits ... "
Lounès Matoub, héraut de la culture berbère, mais également défenseur de la laïcité et de la démocratie, est assassiné le 25 juin 1998, à quelques kilomètres de son village natal (Taourit Moussa). Si le GIA revendique l’assassinat dès le 30 juin, les circonstances du meurtre restent obscures. L’annonce de sa mort a provoqué consternation et colères dans toute la Kabylie.
Si Emmanuel Jal a survécu, c'est pour raconter son histoire et toucher des vies. C'est ce qu'il dit au début du titre "Warchild" qui raconte son parcours d'enfant-soldat au Soudan.
Le remarquable site Mondomix, qui existe depuis 10 ans, est une sorte de magazine en ligne sur les musiques du monde. Une version papier gratuite permet également de retrouver l'essentiel. Le site est une mine où l'on peut trouver plein de trésors, les télécharger, et apprendre plus sur les artistes et leurs cultures. Pour valoriser certains de ces trésors, Mondomix a édité cette année une compilation qui s'intitule Mondomix Experience. Elle propose de faire un tour du monde musical en 24 heures. Vous y trouvez ainsi quatre CD qui vous font voyager à une heure différente de la journée. Une citation accompagne chacun des disques : Voici celle pour le matin : “C'est dans la rosée des petites choses que le coeur trouve son matin et se rafraîchit.” (Khalil Gibran) Vous pouvez, selon votre humeur, écouter matin, midi, soir ou nuit. Un conseil, ne prenez pas celui de la nuit pour animer vos soirées, il s'agit plutôt d'ambiances douces et tranquilles, ce qui n'est pas le cas du disque soir... Avec une prédilection pour l'Afrique, le Brésil, les Balkans, vous retrouverez quelques voix connues (Bonga, Bebel Gilberto, Souad Massi, Yaël Naïm, Seun Kuti,....) et découvrirez des artistes moins connus. L'Asie n'est pas absente mais est moins représentée. Voici la liste complète des morceaux. Je vous ai fait ci-dessous une petite sélection de certains de ces morceaux. En complément indispensable à ce tour du monde, Mondomix édite avec la Cité de la musique un Petit Atlas des musiques du monde qui fait le point pour chaque région et présente quelques artistes.
C'est un guide très précieux pour débuter la découverte musicale d'un coin de la planète. Voici ci-dessous la page sur l'Orient arabe :
Dans le coin BD-Manga-Manhwa : Mutafukaz de RUN Ayako d'Osamu Tezuka Petit Polio de Farid Boudjellal (t. 4) Carton jaune de Didier Daeninckx et Assaf Hanouka Petite histoire des colonies françaises, tome 2 : "L'Empire" de Grégory Jarry et Otto T. Azrayen de Lax et Giroud Massacre au pont de No Gun Ri de Park Kun Woong Deogratias de Stassen Boondocks d'Aaron Mc Gruder
Dans le coin musique : - La musique en Afrique lusophone - Le Rock en Angleterre (fin des années 1970 et années Thatcher)
Plus deux séries à Lire, écouter (podcasts) et voir à partir de la rentrée :
Dans le coin ciné : Ezra de Newton I. Aduaka Les 7 jours de Ronit Elkabetz Gomorra
Dans le coin des livres : Le stade Dubaï du capitalisme de Mike Davis Gomorra de Roberto Saviano Des dossiers : L'Algérie coloniale et la Guerre en BD Des photographes pour le XXème siècle (Khaldei, Baltermants, Capa, Koudelka, Caron, Depardon, ....) L'éclatement de la Yougoslavie en BD
N'hésitez pas à nous signaler ou à nous suggérer d'autres idées !
Tous les titres ne sont pas dans ces deux playlists, mais il y a déjà de quoi écouter ! Pour en savoir plus, lisez les 2 articles de J. Blottière sur ces 3 jours de "paix et de musique". Première et deuxième partie. Jouez avec les titres de ces playlist ! Première partie et deuxième partie.